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	<title>Syndicalistes !</title>
	<link>https://www.syndicalistes.org/</link>
	<description>Syndicalistes&#8239;! est un site d'&#233;change et de d&#233;bat sur les pratiques syndicales. &#192; terme, nous aimerions que cela devienne une plateforme pour faire du lien en chair et en os, organiser des rencontres, et pourquoi pas des formations.
Le lancement du site a eu lieu fin septembre 2023, mais vous pouvez toujours lire et signer l'appel pr&#233;sentant ce nouvel espace de r&#233;flexion, et nous envoyer vos contributions : bilan d'une lutte, compte-rendu d'un congr&#232;s, partage d'une pratique qui fonctionne, &#233;tat des lieux des r&#233;flexions syndicales sur un sujet, note de lecture, etc. Le format des contributions est assez libre : courte note de blog, article plus fouill&#233;, interview, etc.
L'&#233;quipe d'animation joue le r&#244;le de comit&#233; &#233;ditorial et est en charge de mettre les contributions re&#231;ues en ligne apr&#232;s un &#233;ventuel &#233;change avec les auteur&#183;ices en cas de n&#233;cessit&#233; (mots-cl&#233;s et/ou titre manquant, signature, passages de l'article qui posent probl&#232;me, etc.).</description>
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		<title>Syndicalistes !</title>
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		<title>S'organiser syndicalement dans le travail du sexe. Entretien avec les CATS</title>
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		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail du sexe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le CATS est le comit&#233; autonome des travailleuses du sexe de Montr&#233;al. Fond&#233; par d'anciennes militantes des CUTES (Comit&#233;s unitaires sur le travail &#233;tudiant) qui ont organis&#233; la gr&#232;ve des stages entre 2019 et 2021 et revendiqu&#233; un salaire &#233;tudiant, le CATS prolonge cette lutte : il met au centre de son action la question des formes de travail qui ne sont pas reconnues comme telles, des conditions de travail des femmes pr&#233;caires, ainsi que de leur organisation et de la construction d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-antipatriarcat-+" rel="tag"&gt;Antipatriarcat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-du-sexe-+" rel="tag"&gt;Travail du sexe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH100/blowjobs-e3595.jpg?1732872395' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le CATS est le comit&#233; autonome des travailleuses du sexe de Montr&#233;al. Fond&#233; par d'anciennes militantes des CUTES (Comit&#233;s unitaires sur le travail &#233;tudiant) qui ont organis&#233; la gr&#232;ve des stages entre 2019 et 2021 et revendiqu&#233; un salaire &#233;tudiant, le CATS prolonge cette lutte : il met au centre de son action la question des formes de travail qui ne sont pas reconnues comme telles, des conditions de travail des femmes pr&#233;caires, ainsi que de leur organisation et de la construction d'un rapport de force en leur faveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est le r&#233;sultat d'un entretien avec Adore Goldman, une des fondatrices du collectif, venue en Europe notamment pour discuter avec des travailleuses du sexe et/ou syndicalistes de ce c&#244;t&#233; de l'Atlantique. Le CATS publie annuellement le magazine &lt;i&gt;CATS Attaque !&lt;/i&gt; qui est une mine d'or d'analyse politique, de r&#233;cit de travailleuses et de points sur les conditions de travail dans l'industrie du sexe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Adore, est-ce que tu peux me raconter comment vous en &#234;tes arriv&#233;es &#224; fonder le CATS ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait deux &#224; avoir particip&#233; &#224; la campagne de mobilisation pour un salaire &#233;tudiant au Qu&#233;bec en 2018. Pendant ce mouvement j'&#233;tais &#224; la fois stagiaire et travailleuse du sexe, donc c'&#233;tait assez facile de faire le lien entre les deux. Il s'agit &#224; chaque fois de travail du soin majoritairement fait par des femmes, peu ou pas reconnu comme travail, et pas ou mal r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des gr&#232;ves &#233;tudiantes organis&#233;es en 2019, les CUTES ont d&#233;cid&#233; de se dissoudre. C'est l&#224; que s'est form&#233; le CATS. Le lien entre travail reproductif, gr&#232;ve pour le salaire m&#233;nager, et gr&#232;ve des travailleuses du sexe avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; fait dans la campagne de mobilisation pour un salaire au travail m&#233;nager (&lt;i&gt;Wages for Housework&lt;/i&gt;) dans les ann&#233;es 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quels sont les buts du CATS ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est donn&#233; plusieurs objectifs. D'abord l'am&#233;lioration concr&#232;te des conditions de travail des travailleuses du sexe, d&#232;s maintenant. Et donc aussi la d&#233;criminalisation du travail du sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et qu'est ce que vous faites concr&#232;tement ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a plusieurs moyens d'action. On a d'abord une organisation de base qui consiste &#224; organiser des manifestation sp&#233;cifiquement sur le travail du sexe ou &#224; participer aux manifestations de travailleureuses en tant que TDS, comme le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai par exemple. On fait aussi des projections et des discussions ouvertes, par exemple on a pass&#233; &lt;a href='https://static.syndicalistes.org/live-nude-girls-unite-un-documentaire-flamboyant' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Live Nude Girls Unite&lt;/a&gt; sur les strip teaseuses du Lusty Lady qui ont fait gr&#232;vedans les ann&#233;es 1990, et il y avait une des strippeuse du Star Garden, qui s'est aussi syndiqu&#233; en 2023, qui &#233;tait en visio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement on pr&#233;f&#232;re &#234;tre dans l'action et l'organisation quotidienne sur les lieux de travail que mettre toute notre &#233;nergie dans le lobbying.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelles sont les cadres l&#233;gaux du TDS au Qu&#233;bec ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cadre l&#233;gal canadien est similaire &#224; celui de la France. Le travail du sexe est l&#233;gal mais les tierces parties qui en b&#233;n&#233;ficies et les clients sont criminalis&#233;s. C'est ce qu'on appelle le mod&#232;le nordique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et pourquoi pas vous concentrer sur la d&#233;criminalisation ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se concentre pas sur le lobbying pro-d&#233;criminalisation parce que d'autres assos se focalisent d&#233;j&#224; dessus. On pr&#233;f&#232;re mettre notre &#233;nergie dans l'auto-organisation des travailleuses sur leurs lieux de travail. Et aussi on est assez claires que la d&#233;criminalisation compl&#232;te de ce travail ne va pas changer fonci&#232;rement ses conditions d'exercice. Ce n'est pas que les lois qui changent v&#233;ritablement les conditions de travail, c'est le rapport de force. Dans le travail formel, l&#233;gal, il faut tout de m&#234;me lutter, il faut une organisation des travailleuses et des travailleurs. Par exemple dans les strips clubs qui sont l&#233;gaux, il y a quand m&#234;me des trucs &lt;i&gt;shady&lt;/i&gt; [obscures, malhonn&#234;tes] qui se passent. Mais on ne veut pas faire fermer les strip-clubs car les travailleuses ne veulent pas perdre leur travail. On prend souvent l'exemple des migrants qui viennent au Canada pour travailler dans l'agriculture. Ce sont des contrats courts, les conditions de travail sont tr&#232;s mauvaises et tr&#232;s dangereuses. Pourtant personne n'essaie d'interdire l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et comment vous fonctionnez ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est une dizaine de membres stables et on organisent des r&#233;unions mensuelles ouvertes. Les pr&#233;sentes se r&#233;partissent les t&#226;ches &#224; faire entre les r&#233;unions mensuelles. Entre les r&#233;unions on fonctionne par sorte de commissions pour avancer sur les diff&#233;rentes t&#226;ches et projets. Les effectifs sont mouvants, y'a pas de carte d'adh&#233;rant&#183;e au CATS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce n'est pas une association tu veux dire ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tu ne peux pas adh&#233;rer et il n'y a pas de cotisations vers&#233;es au collectif. Il ne peut pas y'avoir d'argent qui transite par le collectif car jusqu'&#224; il n'y a pas longtemps la loi pr&#233;voyait que de telles cotisations &#233;taient ill&#233;gales. Mais suite &#224; un proc&#232;s r&#233;cent devant la Cour Supr&#234;me de l'Ontario, l'interpr&#233;tation de la loi a chang&#233;. La Cour a affirm&#233; que les travailleuses du sexe pouvaient former des associations et des syndicats, et r&#233;colter des cotisations pour &#231;a, s'il n'y a pas de but lucratif. Donc &#231;a devient peut-&#234;tre possible de monter un syndicat officiel sur un lieu de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et vous avez &#233;voqu&#233; l'id&#233;e de fonctionner comme une coop&#233;rative, m&#234;me informelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, parce que notre but c'est vraiment de nous organiser sur les lieux de travail d&#233;j&#224; existants. Par exemple en ce moment, on est focalis&#233;e sur l'organisation dans les salons de massage. Par ailleurs, cette organisation de base peut mener &#224; une d&#233;criminalisation car s'il y a un conflit entre les travailleuses d'un salon et les patrons, l'&#201;tat devra trancher sur la possibilit&#233; m&#234;me de ce conflit, et la possibilit&#233; pour les travailleuses de se constituer en syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et il y a d&#233;j&#224; eu des conflits ou des gr&#232;ves dans ces salons de massage ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. On a men&#233; des sortes d'enqu&#234;tes ouvri&#232;res parmi les travailleuses. On a fait une quinzaine d'entretiens avec des masseuses pour comprendre leurs conditions de travail, leurs conditions de vie et leur moyens de r&#233;sistance au travail. Notre enqu&#234;te montre sans surprise que les personnes qui font du travail du sexe sont des femmes pr&#233;caires qui am&#233;liorent leur condition &#233;conomique en faisant plusieurs formes de travail du sexe ou cumulent le travail du sexe avec un emploi formel. Jongler entre ces diff&#233;rentes activit&#233;s est en soi un crit&#232;re de vuln&#233;rabilit&#233; et de p&#233;nibilit&#233; du travail. Mais paradoxalement cela rend aussi plus facile le changement de salon employeur quand tu en es licenci&#233;e. Tu pr&#233;f&#232;res ne pas perdre de temps &#224; te battre et chercher un autre salon. Et puis tu n'as pas forc&#233;ment envie de lutter pour garder ton emploi dans ce salon qui t'as maltrait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile de construire du collectif dans ces conditions. Il y a &#233;galement des dispositifs patronaux pour mettre en concurrence les travailleuses. Par exemple, normalement ce sont les masseuses qui fixent le prix de leurs &#034;extras&#034; [actes sexuels], mais dans certains cas ce sont les patrons qui posent un minimum et un maximum &#224; ces prix. Suite &#224; l'enqu&#234;te on a pos&#233; comme revendication que les tarifs soient d&#233;cid&#233;s collectivement par les travailleuses, sinon la mise en concurrence entre elles tire les tarifs &#224; la baisse et nuit &#224; la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est hyper chouette comme enqu&#234;te, on pourra la consulter ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but c'est que les r&#233;sultats soient pr&#233;sent&#233;s devant les r&#233;pondantes et leurs coll&#232;gues. On esp&#232;re que les informations collect&#233;es vont permettre de s'organiser, et d'avoir des retours sur les revendications qui en &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Est-ce que pour l'instant les travailleuses du sexe peuvent s'appuyer sur les syndicats d&#233;j&#224; existants ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales syndicales qu&#233;b&#233;coises ont toutes des positions abolitionnistes. La CSN [Conf&#233;d&#233;ration des syndicats nationaux] qui est le syndicat le plus &#224; gauche du Qu&#233;bec, est elle-m&#234;me contre la reconnaissance du travail du sexe comme travail. En 2019 la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec a vot&#233; une motion, qui ne visait m&#234;me pas &#224; changer la position vis-&#224;-vis du travail du sexe a proprement parl&#233;, mais juste &#224; reconna&#238;tre que les travailleuses du sexe ont de l'agentivit&#233; &#8211; c'est &#224; dire une certaine capacit&#233; de prendre des d&#233;cisions pour elles m&#234;mes. Suite &#224; &#231;a, les syndicats sont directement sortis de la F&#233;d&#233;ration des femmes du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mais il y a une opposition de fond entre les syndicats et le CATS ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au CATS on ne tient pas du tout la position qui est de dire que le travail du sexe est &#233;mancipateur, que c'est une activit&#233; lib&#233;ratrice etc. Nous ce qu'on dit c'est que le travail est un continuum d'exploitation dont le travail du sexe fait partie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des syndicats ce sont les comit&#233;s femmes qui sont les plus v&#233;h&#233;ments pour bloquer l'avanc&#233;e des questions li&#233;es au travail du sexe. Nous notre strat&#233;gie, c'est de faire avancer la cause dans les syndicats locaux. On veut faire voter des motions favorables aux travailleuses du sexe, qui feraient ensuite pression sur les centrales syndicales. On cherche notamment &#224; faire des alliances sur d'autres th&#233;matiques sur lesquelles les syndicats ont l&#226;ch&#233; les travailleuses ou les ont trahies, notamment avec celles qui s'organisent contre la loi qui interdit le hijab dans les services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois faire du lobbying &#224; des hauts niveaux nous semble moins int&#233;ressant que de travailler aupr&#232;s de nos camarades syndicalistes et de faire changer les travailleurs de base eux m&#234;mes. Je suis syndiqu&#233;e &#224; la CSN, du coup ma section locale a une position pour la reconnaissance des TDS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec tout le monde est syndiqu&#233; de facto s'il y a eu un vote pour &#231;a dans ce secteur de travail. La situation semble moins tendue qu'en France par rapport aux abolos. Depuis 2019 y'a pas eu d'abolitionnistes venues nous &#233;c&#339;urer durant des &#233;v&#232;nements o&#249; on prenait la parole. Mais elles sont toujours dans des lieux de pouvoir, &#224; l'universit&#233; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et c'est quoi vos rapports avec les collectifs militants f&#233;ministes ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les groupes f&#233;ministes de base, les positions sont moins homog&#232;nes qu'auparavant o&#249; les positions abolos &#233;taient beaucoup plus consensuelles. &#192; Qu&#233;bec les associations de lutte contre les violences sexuelles sont tr&#232;s abolitionnistes. R&#233;cemment un des centre communautaire de lutte contre les violences a pris position pour la reconnaissance du travail du sexe, et s'est fait jeter de la coalition nationale. Autre exemple : il y a une manifestation qui est organis&#233;e par la Coalition Against Prostitution. Une contre-manifestation a &#233;t&#233; organis&#233;e et le CATS a appel&#233; les associations f&#233;ministes &#224; s'y joindre. La plupart n'ont pas voulu prendre position en disant qu'il y aura une partie de leurs membres &#224; chaque manifestation. Disons que c'est pas unanime, mais c'est pas gagn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour retrouver tous les magasines du CATS :&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://cats-swac-mtl.org/publications-3/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cats-swac-mtl.org/publications-3/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Stone Butch Blues : quand l'histoire syndicale rencontre les luttes transpdgouines .</title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/stone-butch-blues-quand-l-histoire-syndicale-rencontre-les-luttes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce &#171; mois des fiert&#233;s &#187;, Syndicalistes ! appelle toustes les syndiqu&#233;&#183;es &#224; mettre en avant les liens entre luttes contre la domination de genre et contre le capitalisme. Des luttes qui devraient se renforcer l'une l'autre, mais continuent trop souvent de s'exclurent. M&#234;me si y'a du mieux, on entends encore des syndicalistes h&#233;t&#233;ro faire des blagues sur &#171; les trucs de p*d* &#187; et moquer le vocabulaire et les enjeux des personnes lesbiennes, gay, bies et trans. Pour bien des LGBT, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-a-lire-ecouter-regarder-" rel="directory"&gt;&#192; lire, &#233;couter, regarder&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-antipatriarcat-+" rel="tag"&gt;Antipatriarcat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L104xH150/couv_sbb-5880c.png?1717485779' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce &#171; mois des fiert&#233;s &#187;, Syndicalistes ! appelle toustes les syndiqu&#233;&#183;es &#224; mettre en avant les liens entre luttes contre la domination de genre et contre le capitalisme. Des luttes qui devraient se renforcer l'une l'autre, mais continuent trop souvent de s'exclurent. M&#234;me si y'a du mieux, on entends encore des syndicalistes h&#233;t&#233;ro faire des blagues sur &#171; les trucs de p*d* &#187; et moquer le vocabulaire et les enjeux des personnes lesbiennes, gay, bies et trans. Pour bien des LGBT, le syndicat est vu au mieux comme &#233;tranger, au pire comme hostile. Les entreprises et les DRH ne se privent pas de s'afficher comme &#171; pro LGBT &#187; pour am&#233;liorer leur image. Si nous ne voulons pas que cela marche, &#224; nous de construire les liens n&#233;cessaires entre lutte des classes et lutte contre les dominations de genre et de sexualit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour commencer une s&#233;rie de publication sur ce th&#232;me, on vous recommande donc la lecture de &lt;i&gt;Stone Butch Blues&lt;/i&gt; dont voici la description des &#233;ditrices :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Stone Butch Blues raconte l'histoire de Jess, n&#233;&#183;e aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1950 au sein d'une famille juive et prol&#233;taire. De son enfance rythm&#233;e par les interrogations des passant&#183;e&#183;s sur son genre (&#171; c'est un gar&#231;on ou c'est une fille ? &#187;) &#224; son adolescence et sa d&#233;couverte des bars de nuit o&#249; se c&#244;toient lesbiennes, drag queens et travailleuses du sexe, de ses premi&#232;res embauches en usine avec d'autres butchs (lesbiennes &#034;masculines&#034;) &#224; sa transition, jusqu'&#224; sa rencontre avec le mouvement LGBT naissant, son parcours traverse les d&#233;cennies et nous parle d'amour, d'amiti&#233;, de politique, d'identit&#233;. Par dessus tout, &lt;i&gt;Stone Butch Blues&lt;/i&gt; est un hommage &#224; la solidarit&#233; et &#224; la construction de ces communaut&#233;s qui nous permettent de tenir ensemble et de survivre &#224; la violence de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce roman est une ode &#224; la lutte, au travail et en dehors : les r&#233;cits de gr&#232;ves y sont &#233;piques et ceux des descentes de police dans les bars lesbiens effroyables. Ce livre est &#224; mettre entre les mains de toustes celleux qui veulent comprendre les enjeux mat&#233;riels de l'oppression des minorit&#233;s sexuelles et de genre. Lire &lt;i&gt;Stone Butch Blues&lt;/i&gt; conduira aussi de se familiariser avec l'histoire, les enjeux concrets et le vocabulaire de la vie des personnes LGBT (plus finement et intens&#233;ment que la plupart des formations syndicales ne le permettent). Comment vivaient les lesbiennes des ann&#233;es 1970 ? En quoi consistait la p&#233;nalisation de l'homosexualit&#233; concr&#232;tement ? Pourquoi toute une partie du mouvement LGBT est si v&#233;h&#233;ment sur les droits des travailleur&#183;euses du sexe ? Pourquoi les mouvements queers sont anti-police ? &#199;a veut dire quoi trans' ? Mais au fait, les femmes ont toujours pu se syndiquer ? &#199;a veut dire quoi &#171; outer quelqu'un &#187; ? Si tu te poses une de ces questions, ce livre est pour toi, et si tu aimes juste les beaux r&#233;cits de lutte, il est pour toi aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; retrouver sur le site des &#233;ditions &lt;a href=&#034;https://hysteriquesetassociees.org/sbb/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hyst&#233;riques et Associ&#233;Es&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Qui d&#233;couvre les effets n&#233;fastes de la privatisation des cr&#232;ches ? </title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/qui-decouvrent-les-effets-nefastes-de-la-privatisation</link>
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		<dc:date>2024-02-19T16:54:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>&#192; lire</dc:subject>
		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Wilfried Lignier, sociologue, revient dans un bref article sur la &#034;panique morale&#034; qui entoure les conditions de vie des enfants dans les cr&#232;ches. Deux enqu&#234;tes journalistiques parues en d&#233;but d'ann&#233;e documente la privatisation du secteur, les logiques de rentabilit&#233;s qui ont pris le pas sur l'&#233;panouissement et m&#234;me la s&#233;curit&#233; des enfants. L'article du sociologue revient sur l'identit&#233; des parents qui s'offusquent des mauvaises conditions d'accueil en cr&#232;ches : plut&#244;t des classes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-petite-enfance-+" rel="tag"&gt;Petite enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH117/couverture-creches-436b4.webp?1708362017' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Wilfried Lignier, sociologue, revient dans un bref article sur la &#034;panique morale&#034; qui entoure les conditions de vie des enfants dans les cr&#232;ches. Deux enqu&#234;tes journalistiques parues en d&#233;but d'ann&#233;e documente la privatisation du secteur, les logiques de rentabilit&#233;s qui ont pris le pas sur l'&#233;panouissement et m&#234;me la s&#233;curit&#233; des enfants. L'article du sociologue revient sur l'identit&#233; des parents qui s'offusquent des mauvaises conditions d'accueil en cr&#232;ches : plut&#244;t des classes sup&#233;rieures et lib&#233;rales, qui ont tendance &#224; critiquer l'&#201;tat et la m&#233;diocrit&#233; du service public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si diff&#233;rents syndicats et collectifs s'organisent d&#233;j&#224; autour de la question (voir &lt;a href=&#034;https://pasdebebesalaconsigne.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Pas de b&#233;b&#233; &#224; la consigne&#034;&lt;/a&gt;), le combat des cr&#232;ches appara&#238;t toujours plus &#8211; en sus d'une lutte pour de meilleures conditions de travail dans un secteur f&#233;minis&#233; &#8211; comme un combat entre deux visions de la soci&#233;t&#233;. Une lutte capable de grossir les rangs de celleux qui comprennent et d&#233;fendent l'importance de la collectivisation, le prix de l'inestimable, le service public. Une occasion pour mobiliser plus largement que les quelques gauchistes convaincux que nous sommes en partant du statut de parents (qui sont d'ailleurs aussi des travailleurEUses qui acqui&#232;rreront ainsi des comp&#233;tences mobilisables sur d'autres luttes ?) Une lutte qui m&#233;rite du temps, le &#233;nergie et de l'enthousiasme ? Un possibilit&#233; de resserrer les liens entre syndicats et mouvements f&#233;ministes comme cela a l'air de fonctionner pour &lt;a href=&#034;https://www.syndicalistes.org/euskadi-succes-de-la-greve-generale-feministe&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nos camarades basques&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article complet &lt;a href=&#034;https://aoc.media/analyse/2023/11/21/vos-bebes-vous-feront-aimer-letat/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#034;Vos b&#233;b&#233;s vous feront aimer l'&#201;tat&#034;&lt;/a&gt; est disponible sur le m&#233;dia AOC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Live Nude Girls Unite ! Un documentaire flamboyant</title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/live-nude-girls-unite-un-documentaire-flamboyant</link>
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		<dc:date>2024-02-03T12:31:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>&#192; voir</dc:subject>
		<dc:subject>Travail du sexe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce film documentaire r&#233;alis&#233; par une des travailleuse en lutte retrace la syndicalisation, la gr&#232;ve et la victoire des danseuses du bar &#224; strip-tease le Lusty Lady de San Francisco, jusqu'&#224; sa reprise en coop&#233;rative. Abordant frontalement, avec humour, r&#233;flexivit&#233;, mat&#233;rialisme et pr&#233;cision une des question qui divise (pour le pire) jusque dans les syndicats fran&#231;ais, le documentaire n'euph&#233;mise jamais les mauvaises conditions de travail des strip-teaseuses, et propose plut&#244;t un plan pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-+" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-greve-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-a-regarder-+" rel="tag"&gt;&#192; voir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-du-sexe-+" rel="tag"&gt;Travail du sexe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L95xH150/capture_d_ecran_de_2023-12-11_19-56-39-c0b64.png?1706963788' class='spip_logo spip_logo_right' width='95' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce film documentaire r&#233;alis&#233; par une des travailleuse en lutte retrace la syndicalisation, la gr&#232;ve et la victoire des danseuses du bar &#224; strip-tease le Lusty Lady de San Francisco, jusqu'&#224; sa reprise en coop&#233;rative. Abordant frontalement, avec humour, r&#233;flexivit&#233;, mat&#233;rialisme et pr&#233;cision une des question qui divise (pour le pire) jusque dans les syndicats fran&#231;ais, le documentaire n'euph&#233;mise jamais les mauvaises conditions de travail des strip-teaseuses, et propose plut&#244;t un plan pour les am&#233;liorer : le syndicalisme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Bande annonce (en anglais) ici : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Gg7PfLoUsg8&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Live Nude Girls Unite&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers une mise en ab&#238;me qui peut faire rire (jaune) entre la lutte sur son lieu de travail et une dispute avec sa m&#232;re, doctoresse f&#233;ministe abolitionniste, qui d&#233;couvre qu'elle est travailleuse du sexe au cours du documentaire, Julia Query a produit un film que toutes les f&#233;ministes et syndicalistes doivent voir. Car il est urgent de sortir de la guerre plut&#244;t th&#233;orique et fratricide qui nous immobilise sur cette question, pour une r&#233;elle am&#233;lioration des conditions d'existence et de travail de &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir le film et organiser une projection :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Contacter la r&#233;alisatrice : &lt;a href=&#034;http://juliaquery.com/contact/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://juliaquery.com/contact/&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Ou Queers Parlons Travail : queersparlonstravail@protonmail.com&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer pour la fin des r&#233;unions longues, chiantes et bord&#233;liques</title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/plaidoyer-pour-la-fin-des-reunions-longues-chiantes-et-bordeliques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://static.syndicalistes.org/plaidoyer-pour-la-fin-des-reunions-longues-chiantes-et-bordeliques</guid>
		<dc:date>2023-12-19T07:38:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron, Baptiste</dc:creator>


		<dc:subject>Tuto</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aussi appel&#233;es &#171; trous noirs &#187;, les r&#233;unions qui durent des plombes, et n'aboutissent &#224; rien de concret donnent la rage &#224; la plupart des militanx. Elles provoquent des drames inter-personnels aussi bien qu'organisationnels et nous &#233;puisent &#8211; dans les mouvements sociaux autant que dans les fonctionnements quotidiens de collectifs et syndicats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce plaidoyer a &#233;t&#233; &#233;crit par deux militanx souvent en charge de l'organisation et l'animation des r&#233;unions. Il est un poil cynique mais au fond (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-tuto-+" rel="tag"&gt;Tuto&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH150/communiquisme-19adc.png?1702972861' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aussi appel&#233;es &#171; trous noirs &#187;, les r&#233;unions qui durent des plombes, et n'aboutissent &#224; rien de concret donnent la rage &#224; la plupart des militanx. Elles provoquent des drames inter-personnels aussi bien qu'organisationnels et nous &#233;puisent &#8211; dans les mouvements sociaux autant que dans les fonctionnements quotidiens de collectifs et syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plaidoyer a &#233;t&#233; &#233;crit par deux militanx souvent en charge de l'organisation et l'animation des r&#233;unions. Il est un poil cynique mais au fond radicalement plein d'espoir envers nos camarades, pour que cesse les trous noirs des r&#233;unions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1) Les genx doivent arriver &#224; l'heure. S'ils n'arrivent pas &#224; l'heure ils n'ont pas le droit d'appara&#238;tre en route et d'intervenir sous la modalit&#233; &#171; Peut &#234;tre que &#231;a a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; discut&#233; mais&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;BONUS : &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; On peut pr&#233;voir un &#171; temps d'accueil un peu flou &#187; de 10 minutes. Au del&#224;, les premiers arriv&#233;x (&#224; l'heure) commencent &#224; se faire chier,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; une personne a pour r&#244;le d'accueillir les retardataires pour faire un r&#233;capitulatif de ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dit, et des discussions en cours, comme &#231;a personne n'est perdu et les personnes qui ont une bonne raison d'&#234;tre en retard rattrapent,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; certaines r&#233;unions ouvertes ont pour but la prise de contact, des personnes peuvent arriver en retard,&lt;/li&gt;&lt;li&gt; certaines r&#233;unions sont purement des r&#233;unions de travail, les personnes doivent &#234;tre enti&#232;rement pr&#233;sentes. Si elles ont des mandats par exemple, elles doivent &#234;tre l&#224; ou excus&#233;es, mais pas &#234;tre l&#224; &#224; moiti&#233;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;2) Les consid&#233;rations pratiques et concr&#232;tes passent toujours avant les discussions g&#233;n&#233;rales et th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Chaque r&#233;union est structur&#233;e par un ordre du jour. Il est communiqu&#233; &#224; l'avance par les organisateurices de la r&#233;union. Les points sont estim&#233;s en termes de temps de fa&#231;on r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;BONUS : &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Dans l'id&#233;al &#8211; on peut toujours r&#234;ver &#8211; tout le monde a regard&#233; l'ordre du jour avant avant la r&#233;union, a pris connaissance des documents aff&#233;rents, s'est assur&#233;x d'avoir accompli ses mandats concernant chacun d'eux.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; L'ordre du jour est ajustable en d&#233;but de r&#233;union (en prenant soin de rester r&#233;aliste et de respecter la r&#232;gle d'or : pratique &lt;i&gt;avant&lt;/i&gt; th&#233;orique).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;4) Une ou deux personnes sont charg&#233;es de faire avancer l'ordre du jour. &#192; chaque fin de point, unx des animateurices de la r&#233;union r&#233;capitule la d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;BONUS :&lt;/i&gt; toutes les d&#233;cisions sont fid&#232;lement reproduites dans le compte rendu, avec un r&#233;sum&#233; des arguments qui ont men&#233;s &#224; cette d&#233;cision. Dans l'id&#233;al, les personnes absentes s'informent sur ces d&#233;cisions avant la prochaine r&#233;union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5). &#192; chaque point, on fait la liste des t&#226;ches &#224; accomplir, et une personne s'assure que chaque t&#226;che est attribu&#233;e &#224; quelqu'un-e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;BONUS : &lt;/i&gt; dans l'id&#233;al, ce ne sont pas toujours les m&#234;mes personnes qui font tous les trucs. Si vous avez tendance &#224; r&#233;cup&#233;rer tous les trucs &#224; faire, dont des t&#226;ches li&#233;es aux id&#233;es des autres personnes &#8211; qui ont parfois beaucoup d'id&#233;es &#8211; rappelez vous que vous n'&#234;tes pas une &#171; poubelle &#224; trucs &#224; faire &#187;, mais unE militantE pr&#233;cieuse qui a le droit de s'auto-respecter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6) Toute id&#233;e ou proposition doit &#234;tre faite par des genx pr&#234;x &#224; la mettre en oeuvre ou qui ont d&#233;j&#224; estim&#233; le nombre de personnes pr&#234;tes &#224; la mettre en oeuvre. Les expressions &#171; y'a qu'&#224; &#187; / &#171; faut qu'on &#187; sont prohib&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7) Il n'y aura plus de prise de parole g&#233;n&#233;rale sur des choses dont toutes les personnes en pr&#233;sence sont d&#233;j&#224; convaincues. C'est &#224; dire presque toutes les prises de parole commen&#231;ant par &#171; Macron bla bla bla&#8230; &#187; ou contenant plus d'une fois &#171; anticapitaliste &#187; et &#171; intersectionnel &#187;, en fonction des endroits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8) La r&#233;union est limit&#233;e dans le temps pour le bien de tout le monde. Bas&#233; sur une &#233;tude s&#233;rieuse, il est &#233;tabli que plus la r&#233;union est longue, moins elle est efficace, et moins il reste de personnes &#224; la fin pour prendre les d&#233;cisions n&#233;cessaires et prendre les t&#226;ches &#224; faire. Si tu veux parler et t'entendre parler plus longuement, tu peux cr&#233;er ton vlog.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9). Le/la militantE syndicalE cons&#233;quentE met en place les moyens n&#233;cessaires &#224; l'abolition du communiqu&#233;. Selon une &#233;tude tr&#232;s s&#233;rieuse, il est &#233;tabli que plus le temps pass&#233; &#224; faire des communiqu&#233;s est important, plus le temps pass&#233; &#224; faire des vrais trucs diminue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour des r&#233;unions courtes, enthousiasmantes et qui font avancer !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le travail du sexe ne sera pas &#233;mancipateur tant qu'il ne sera pas syndiqu&#233; </title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/le-travail-du-sexe-ne-sera-pas-emancipateur-tant-qu-il-ne-sera-pas-syndique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://static.syndicalistes.org/le-travail-du-sexe-ne-sera-pas-emancipateur-tant-qu-il-ne-sera-pas-syndique</guid>
		<dc:date>2023-12-10T13:36:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Travail du sexe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous traduisons ici un texte d'Ashley Ryan, initialement paru sur Organizing.work. Travailleuse du sexe, elle s'oppose &#224; l'id&#233;e que le travail du sexe tel qu'il existe actuellement est &#171; &#233;mancipateur &#187; [empowering en anglais]. Revenant sur les conditions d'exercice du travail du sexe qu'elle a connu, elle d&#233;crit le pouvoir que les clients s'arrogent en &#233;valuant les travailleuses sur des plateformes en ligne ou encore la concurrence qui r&#232;gne entre des travailleuses renvoy&#233;es au statut (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-antipatriarcat-+" rel="tag"&gt;Antipatriarcat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-+" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-du-sexe-+" rel="tag"&gt;Travail du sexe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH85/sex-work-12474.webp?1702216902' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous traduisons ici un texte d'Ashley Ryan, initialement paru sur &lt;a href=&#034;https://organizing.work/2021/04/sex-work-will-not-be-empowering-until-it-is-organized/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Organizing.work&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Travailleuse du sexe, elle s'oppose &#224; l'id&#233;e que le travail du sexe tel qu'il existe actuellement est &#171; &#233;mancipateur &#187; [&lt;i&gt;empowering&lt;/i&gt; en anglais]. Revenant sur les conditions d'exercice du travail du sexe qu'elle a connu, elle d&#233;crit le pouvoir que les clients s'arrogent en &#233;valuant les travailleuses sur des plateformes en ligne ou encore la concurrence qui r&#232;gne entre des travailleuses renvoy&#233;es au statut d'ind&#233;pendantes. Ashley Ryan d&#233;fend une action volontariste de syndicalisation des travailleur&#183;euses du sexe, en sus de la d&#233;criminalisation de l'activit&#233;, seul moyen d'en am&#233;liorer les conditions de travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est une opinion impopulaire [ndt : dans certains milieux politiques particuliers], mais je ne crois pas que le travail du sexe permette aux femmes de s'&#233;manciper. Oui, le travail du sexe est un travail. Un travail horrible. Je respecte les femmes qui l'effectuent et je veux qu'elles gagnent le plus d'argent possible tout en travaillant en s&#233;curit&#233;. Mais je ne peux pas dire, en toute conscience, que le travail du sexe favorise l'&#233;mancipation. Il ne m'a pas permis de m'&#233;manciper. Ce n'est pas parce que l'on peut gagner de l'argent en faisant quelque chose que cela nous &#034;lib&#232;re&#034; automatiquement. Les travailleuses du sexe militantes dont c'est le slogan adoptent une vision absurde et petite-bourgeoise de ce qu'est l'&#233;mancipation. &#202;tre un entrepreneur ind&#233;pendant ne signifie pas que l'on &#233;chappe &#224; la logique du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette d'avoir adh&#233;r&#233; &#224; l'id&#233;ologie lib&#233;rale selon laquelle le travail du sexe peut &#234;tre une forme de r&#233;sistance f&#233;ministe. Certaines travailleuses du sexe consid&#232;rent que le travail du sexe est valorisant parce que les hommes leur disent qu'elles sont brillantes et attirantes et qu'ils appr&#233;cient leur compagnie. D'autres trouvent que le fait d'&#234;tre leur propre patron leur donne du pouvoir. Elles se disent valoris&#233;es et heureuses d'&#234;tre pay&#233;es pour pour faire une activit&#233; qui leur pla&#238;t. Elles disent qu'au moins, le travail du sexe paye bien et qu'on est sa propre patronne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les ann&#233;es o&#249; j'ai &#233;t&#233; travailleuse du sexe, j'ai travaill&#233; avec pr&#232;s d'une centaine de femmes et pour la plupart d'entre elles, il ne s'agissait pas d'&#233;mancipation. Il s'agissait de m&#232;res c&#233;libataires qui essayaient de gagner assez d'argent pour pourvoir aux besoins de leurs enfants, ou pour acheter leur drogue. Je ne veux en aucun cas sugg&#233;rer que ces femmes n'ont pas de libre arbitre ou qu'elles n'ont pas en partie choisi d'&#234;tre travailleuses du sexe. Ce que je dis, c'est que j'ai entendu un paquet d'histoires de vie tragiques et que beaucoup (sinon la plupart) des femmes avec lesquelles j'ai travaill&#233; n'auraient pas travaill&#233; dans l'industrie du sexe si leur situation avait &#233;t&#233; diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, j'avais d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin d'argent et j'aimais l'attention. J'ai eu beaucoup de chance dans ma &#171; carri&#232;re &#187;. J'ai commenc&#233; par travailler dans des &#171; spas &#187; et je n'ai jamais eu &#224; travailler dans la rue. Le premier spa o&#249; j'ai travaill&#233; &#233;tait horrible et violent. Mes plages de travail faisaient jusqu'&#224; 48 heures, assise seule dans une pi&#232;ce sombre avec l'interdiction de parler ou d'interagir avec les autres femmes qui travaillaient durant le m&#234;me horaire que moi. Les propri&#233;taires et les directeurs cherchaient en permanence &#224; retenir une part toujours plus importante de mes revenus. &#192; plusieurs reprises, ils m'ont inflig&#233; une &#171; amende &#187; de 200 dollars pour chaque tranche de cinq minutes de retard. De plus, je n'ai jamais re&#231;u ma part des prestations que les hommes payaient par carte bleue. Un soir, j'ai gagn&#233; 800 dollars en d&#233;bit et je n'en ai pas vu un centime (et j'&#233;tais sur le point d'&#234;tre en retard pour le paiement du loyer, j'avais donc d&#233;sesp&#233;r&#233;ment besoin d'argent). En outre, un vieil homme manifestement atteint de d&#233;mence venait souvent au spa et choisissait l'une des femmes de l'&#233;quipe pour aller dans l'une des chambres. Il n'avait jamais d'argent, mais il revenait constamment. Dans ce spa, il fallait payer pour louer une chambre, m&#234;me si au final on ne concluait pas d'accord avec le client. Donc si vous &#233;tiez choisie par cet homme qui n'avait pas d'argent, vous vous endettiez du montant de la location d'une chambre (qui co&#251;tait 50 dollars de l'heure). Cet homme me tripotait, m&#234;me apr&#232;s que je lui ai dit qu'il &#233;tait hors de question que je couche avec lui pour 20 dollars. Toutes les femmes qui travaillaient dans ce spa suppliaient le directeur de ne plus le laisser entrer, mais il s'en fichait puisque ce man&#232;ge ne nuisait pas &#224; ses r&#233;sultats. Enfin, lorsqu'il y avait vraiment peu de client&#232;le, je m'endettais par le simple fait de venir travailler puisque je devais louer une place au sein du spa , que j'aie ou non des clients pendant mon service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me spa o&#249; j'ai travaill&#233; &#233;tait mieux, mais toujours aussi merdique. La propri&#233;taire nous encourageait &#224; proposer des rapports sexuels non prot&#233;g&#233;s moyennant un suppl&#233;ment. Comme j'aimais bien la plupart de mes coll&#232;gues, j'aimais bien aller au travail. Nous passions souvent des heures &#224; manger des plats &#224; emporter, &#224; nous rendre visite les une les autres et &#224; bavarder, cultivant des amiti&#233;s typiquement f&#233;minines. Autre probl&#232;me, la propri&#233;taire &#233;tait tr&#232;s proche de la police. Il faisait planer le risque de faire perdre leur droit de visite &#224; certaines de mes coll&#232;gues qui avaient des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est devenu encore pire lorsque la propri&#233;taire a engag&#233; un directeur qui mena&#231;ait de nous frapper avec un b&#226;ton. Un matin, nous avons &#233;t&#233; inform&#233;es que nous n'avions pas le droit de nous doucher entre deux clients parce que les factures d'&#233;lectricit&#233; &#233;taient trop &#233;lev&#233;es. La plupart des femmes avec lesquelles je travaillais et moi-m&#234;me &#233;tions furieuses. J'ai sugg&#233;r&#233; que nous allions directement chercher la patronne. Quand on est arriv&#233;es, elle s'est mise &#224; pleurer de fa&#231;on hyst&#233;rique et &#224; dire que tout ce qui lui importait, c'&#233;tait de nous fournir un lieu de travail s&#251;r pour que nous ne soyons pas &#224; la rue ; une tactique courante des patrons pour dissuader les travailleuses du sexe de s'organiser sur leur lieu de travail. Elle nous a r&#233;-autoris&#233; &#224; prendre des douches, mais nos frais d'h&#233;bergement et de location de salle ont &#233;t&#233; augment&#233;s. Nous &#233;tions toutes furieuses, mais beaucoup de coll&#232;gues ne voulaient pas envenimer les choses parce qu'elles craignaient de ne pas pouvoir nourrir leurs enfants. Comme dans le premier spa o&#249; j'ai travaill&#233;, lorsque j'ai d&#233;missionn&#233;, je n'ai pas re&#231;u l'argent qui m'&#233;tait d&#251; par les clients qui avaient pay&#233; par carte de cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, j'en ai eu assez d'&#234;tre trait&#233;e comme de la merde et que les g&#233;rants ponctionne une part injustifi&#233;e de mon argent, alors j'ai d&#233;cid&#233; de travailler &#224; mon compte. Certaines personnes consid&#232;rent que le travail du sexe, parce qu'il est effectu&#233; sous le statut d'ind&#233;pendant&#183;e, est moins ali&#233;nant que d'autres emplois dans le cadre du capitalisme, parce qu'on ne travaille pas pour un patron. Mais ce n'est pas ce que j'ai v&#233;cu. Au d&#233;but, j'aimais bien &#231;a, mais c'&#233;tait quand m&#234;me d&#233;primant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontr&#233; une autre travailleuse du sexe qui m'a fait d&#233;couvrir la pratique des &#171; comit&#233;s d'&#233;valuation &#187; des travailleuses du sexe, tenus par des clients. En l'occurence, il s'agissait d'un site web local qui notait les travailleuses du sexe sur une &#233;chelle de 1 &#224; 10 en se basant sur &#171; l'apparence, le service et l'attitude &#187;. Les hommes qui postaient sur ces sites en faisaient une sorte de &#8220;hobby&#8221;. Comme si le fait d'avoir des relations sexuelles avec une travailleuse du sexe &#233;tait un passe-temps comparable au tricot ou &#224; la construction de trains miniatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces hommes qui mettent en place des processus d'&#233;valuation des travailleuses du sexe d&#233;tiennent sur elles un pouvoir effrayant. J'ai constat&#233; qu'un certain nombre d'hommes faisaient du chantage aux travailleuses : si elles ne faisaient pas exactement ce qu'ils demandaient, ils publiaient des &#233;valuations mensong&#232;res &#8211; affirmant qu'elles les avaient vol&#233;s ou pire &#8211; capables de ruiner la r&#233;putation de ces femmes et de les priver de tout moyen de subsistance. Les hommes impliqu&#233;s dans ce &#034;hobby&#034; organisaient des soir&#233;es au cours desquelles ils pouvaient rencontrer les travailleuses du sexe ayant fait l'objet de bonnes &#233;valuations. Je pouvais certes me faire pas mal d'argent durant ces soir&#233;es, mais je devais aussi supporter des hommes qui me pelotaient et essayaient de m'embrasser gratuitement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le travail du sexe ne sera pas &#233;mancipateur tant qu'il ne sera pas syndiqu&#233;. Le principal obstacle actuel &#224; l'organisation dans cette industrie, c'est la d&#233;pendance des travailleuses &#224; la client&#232;le, qui mine la construction d'un pouvoir collectif. Le second obstacle r&#233;side dans le statut d'ind&#233;pendant&#183;es des travailleur-euses du sexe. Je connais quelques travailleuses qui se r&#233;unissent en collectif, pour louer un appartement commun o&#249; travailler ensemble. Mais d'apr&#232;s ce que j'ai entendu dire, ces collectifs restent &#233;ph&#233;m&#232;res et les tensions sont tr&#232;s nombreuses entre travailleuses du sexe. Souvent, cela tient &#224; la concurrence qui r&#232;gne objectivement entre elle. Le client r&#233;gulier d'une travailleuse du sexe peut d&#233;cider du jour au lendemain de devenir le client r&#233;gulier d'une autre travailleuse du sexe. Cela signifie que la premi&#232;re travailleuse du sexe aura perdu une pr&#233;cieuse source de revenus r&#233;guliers. Cela peut provoquer des tensions au sein du collectif. Et comme d'autres l'ont d&#233;j&#224; &lt;a href=&#034;https://organizing.work/2021/01/you-cant-win-without-a-fight-why-worker-cooperatives-are-a-bad-strategy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;crit&lt;/a&gt;, je ne pense pas que la multiplication des coop&#233;ratives soit une strat&#233;gie suffisante pour combattre le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre obstacle &#224; l'organisation du travail du sexe r&#233;side dans la volont&#233; de nombreuses et nombreux travailleur&#183;euses d'&#234;tre seul maitres de leurs tarifs. Elles et ils craignent que ces derniers soient fix&#233;s conventionnellement en cas de syndicalisation du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un des gros enjeux serait de mettre en place de toutes autres modalit&#233;s d'&#233;valuation des professionnel ?&#183;es du sexe. Comme l'a affirm&#233; Kitten Karlyle, &#171; Bien que la plupart des clients ne soient pas des pr&#233;dateurs sociopathes qui utilisent des tactiques coercitives pour violer les travailleur&#183;euses du sexe, le fait m&#234;me qu'une instance d'&#233;valuation g&#233;r&#233;e par des clients existe cr&#233;e une structure de pouvoir qui permet le chantage &#224; la r&#233;putation et fait donc du viol un &#233;v&#233;nement assez courant pour les travailleur&#183;euses du sexe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le r&#233;p&#232;te : si je respecte l'activit&#233; des travailleur&#183;euses du sexe et souhaite qu'elles et ils gagnent le plus d'argent possible tout en travaillant dans les meilleures conditions possibles &#8211; c'est pourquoi je soutiens la d&#233;criminalisation &#8211;, je ne pense pas qu'en l'&#233;tat le travail du sexe permette aux femmes de s'&#233;manciper. Ce n'est pas parce que l'on peut gagner de l'argent en faisant quelque chose que cette chose est valorisante. Le fait d'&#234;tre un &#171; entrepreneur ind&#233;pendant &#187; ne signifie pas que l'on &#233;chappe &#224; la logique du capitalisme. Le travail du sexe sera source d'&#233;mancipation lorsque l'industrie sera organis&#233;e, et c'est l&#224; une t&#226;che bien difficile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Organisons une vrai gr&#232;ve du 8 mars : ensemble pour le Putsch des Couches ! </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>Petite enfance</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;union d'organisation Jeudi 30 novembre de 18h30 &#224; 21h00 29 boulevard du Temple, Paris 11. &lt;br class='autobr' /&gt;
Garderie militante par La Bulle d'&#238;le de France en salle de Commission n&#176;3 Inscription par mail : bulleIDF@protonmail.com &lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi un 8 mars autour du secteur de la petite enfance ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Parce que la majorit&#233; des travailleur&#183;euses du secteur sont des femmes dont les conditions de travail se d&#233;gradent avec la privatisation du secteur et les derni&#232;res &#233;volutions l&#233;gislatives (manque de personnel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-petite-enfance-+" rel="tag"&gt;Petite enfance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH150/profilputsch_des_couches-69e49.png?1700642462' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;union d'organisation&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi 30 novembre de 18h30 &#224; 21h00&lt;br class='autobr' /&gt;
29 boulevard du Temple, Paris 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Garderie militante par La Bulle d'&#238;le de France en salle de Commission n&#176;3&lt;br class='autobr' /&gt;
Inscription par mail : bulleIDF@protonmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pourquoi un 8 mars autour du secteur de la petite enfance ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parce que la majorit&#233; des travailleur&#183;euses du secteur sont des femmes dont les conditions de travail se d&#233;gradent avec la privatisation du secteur et les derni&#232;res &#233;volutions l&#233;gislatives (manque de personnel, baisse des normes d'encadrement des enfants, imp&#233;ratifs de rentabilit&#233;, recrutement sans formation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la situation de ces travailleuses fait &#233;cho &#224; celle d'autres secteurs f&#233;minis&#233;s : manque de reconnaissance des comp&#233;tences, mise sous pression, d&#233;ni de la p&#233;nibilit&#233; du travail (physique et psychique), etc&#8230; ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que le travail domestique et d'&#233;ducation des enfants demeure in&#233;galement r&#233;parti entre hommes et femmes dans les foyers, et que seules certaines femmes peuvent d&#233;l&#233;guer une partie de ce travail &#224; d'autres femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que les droits des enfants et leur protection sont des enjeux f&#233;ministes de premier ordre. Non pas parce que les femmes seraient par essence &#8220;maternantes&#8221;, mais parce que les f&#233;ministes luttent contre TOUTES les dominations, notamment contre la domination masculine et adulte qui s'exerce sur les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que nous voulons des professionnelles de la petite enfance form&#233;es -notamment &#224; d&#233;tecter les violences faites aux enfants- et exer&#231;ant dans de bonnes conditions pour ne pas reproduire le sexisme, le racisme et autres violences sur les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Comment on s'organise ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;union publique visera &#224; collecter les informations des unes des autres, &#224; faire l'&#233;tat des lieux des revendications et des luttes existantes, &#224; &#233;laborer ensemble le plan de travail jusqu'au 8 mars. Si vous souhaitez faire une intervention publique pour pr&#233;senter l'action de votre collectif, syndicat, ou association pr&#233;venez nous par mail que nous puissions partager &#233;quitablement la parole en amont. Si toutes les voix sont les bienvenues, la priorit&#233; sera n&#233;anmoins donn&#233;e aux travailleuses du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour nous &#233;crire : &lt;/strong&gt; putschdescouches@proton.me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'espoir de construire ensemble un mouvement de gr&#232;ve massif et susceptible d'imposer un rapport de force, nous esp&#233;rons vous voir nombreux&#183;ses. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Faites passer le mot !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://fb.me/e/3akTkaTDR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;v&#232;nement facebook de la r&#233;union&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le compte instagram : @putschdescouches&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Serons-nous plus chaux que Bernard Friot ? Pourquoi les Queers ont tout int&#233;r&#234;t &#224; revendiquer le salaire &#224; vie </title>
		<link>https://static.syndicalistes.org/plus-chaux-que-friot</link>
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		<dc:date>2023-11-03T09:09:34Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>Travail</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;cu</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le mouvement contre la r&#233;forme des retraites de 2023 a r&#233;uni de nombreuses personnes, favoris&#233; l'&#233;mergence d'alliances et de coalitions, et parfois d'un discours plus revendicatif s'ancrant dans des perspectives f&#233;ministes. Par exemple, le fait que l'augmentation du nombre d'annuit&#233;s et de la dur&#233;e de cotisation d&#233;favoriserait les femmes dont les carri&#232;res sont plus hach&#233;es conduisaient certain&#183;es militant&#183;es &#224; revendiquer l'annulation pure et simple de la condition d'annuit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-revendications-" rel="directory"&gt;Revendications&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-antipatriarcat-+" rel="tag"&gt;Antipatriarcat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-+" rel="tag"&gt;Travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-secu-+" rel="tag"&gt;S&#233;cu&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH150/friot-flamant-rose-04ba5.png?1699005708' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le mouvement contre la r&#233;forme des retraites de 2023 a r&#233;uni de nombreuses personnes, favoris&#233; l'&#233;mergence d'alliances et de coalitions, et parfois d'un discours plus revendicatif s'ancrant dans des perspectives f&#233;ministes. Par exemple, le fait que l'augmentation du nombre d'annuit&#233;s et de la dur&#233;e de cotisation d&#233;favoriserait les femmes dont les carri&#232;res sont plus hach&#233;es conduisaient certain&#183;es militant&#183;es &#224; revendiquer l'annulation pure et simple de la condition d'annuit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans diff&#233;rentes villes de France, des &#171; Pink Bloc &#187; ont &#233;merg&#233;, r&#233;unissant trans, p&#233;d&#233;s, bi&#183;es, gouines, intersexes et autres queers. En &#206;le-de-France, l'une des derni&#232;res manifestations a vu appara&#238;tre slogans et discussions autour du salaire &#224; vie. Galvanisante, cette revendication n'a pas eu le temps d'&#234;tre tr&#232;s discut&#233;e et d&#233;taill&#233;e. Sans doute parce qu'elle &#171; impressionne &#187; nombre de queers, qui ne se sentent pas l&#233;gitimes ou en ma&#238;trise des th&#233;ories autour du salaire &#224; vie, dont les portes paroles sont massivement blancs, masculins, visiblement h&#233;t&#233;rosexuels, communistes et jargonnants. Ce billet est l'occasion de r&#233;affirmer combien les queers ont int&#233;r&#234;t &#224; se saisir des revendications autour du salaire &#224; vie et participer &#224; leur mani&#232;re aux luttes pour l'instaurer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un rapport queer &#224; l'emploi malheureux&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les queers les plus visibles ou bruyantes localement sont souvent les plus proches des milieux autonomes. Les squats et les pratiques autonomes gardent une grande place dans notre organisation politique et affinitaire. C'est aussi l'endroit d'o&#249; vient le plus souvent une rh&#233;torique &#171; anti-travail &#187;. Ces derni&#232;res ann&#233;es, j'ai vu diff&#233;rents &#233;v&#232;nements, fanzines, discours et amix revendiquer fi&#232;rement un &#171; fuck le salariat &#187;, &#171; nique le travail &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si une frange plus large de l'homosexualit&#233; a gagn&#233; en respectabilit&#233; dans le syst&#232;me capitaliste, ce n'est toujours pas la norme, la stigmatisation est seulement plus subtile (encore que) et retorse. Entre nous, on constate ais&#233;ment la diff&#233;rence de traitement entre personnes cis et personnes trans, entre queers blancs et racis&#233;&#183;es, entre gay masculins et folles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r il y a des exceptions, mais le rapport des queers &#224; l'emploi est massivement malheureux. Lorsque nous ne sommes pas discrimin&#233;&#183;es &#224; l'embauche, ce qui reste difficile &#224; prouver, notre queerness nous rend vuln&#233;rables aux abus de pouvoir au travail. Nous sommes agress&#233;&#183;es sexuellement, nous subissons du harc&#232;lement, du racisme et du validisme. Pendant une permanence de Queers Parlons Travail, une personne trans' masculine est venu nous voir parce que ses employeurs (une grosse boite) cherchaient &#224; le licencier pour inaptitude pendant son arr&#234;t maladie. Tout avait commenc&#233; par ses encadrants qui le renvoyait du travail quand il avait des signes d'ecz&#233;ma (alors que d'autres coll&#232;gues avaient aussi des probl&#232;mes de peau sans &#234;tre mis en arr&#234;t maladie). Protestant que &#231;a lui faisait perdre du salaire, les managers lui ont r&#233;pondu qu'il avait int&#233;r&#234;t &#224; ne pas faire de vagues, parce qu'ils &#233;taient assez sympas de lui laisser porter l'uniforme masculin et utiliser les vestiaires des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous travaillons massivement dans des secteurs tr&#232;s f&#233;minis&#233;s (soin, &#233;ducation, associatif, art ; restauration) qui sont notoirement sous pay&#233;s, parce que nous voulons un travail qui ait du sens mais aussi parce que nous esp&#233;rons y &#234;tre moins discrimin&#233; ?es qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dis bien que nous avons un rapport malheureux &#224; l'emploi et non au travail. Parce que les queers travaillent sans cesse, et cela les rend souvent heureux. Lorsque nous organisons des soir&#233;es communautaire de soutien, lorsque nous faisons de la radio ou de l'&#233;dition auto-g&#233;r&#233;e, lorsque nous faisons de la sant&#233; communautaire, lorsque nous faisons de l'art. Tout &#231;a est du travail, lib&#233;r&#233; de l'emploi et des patrons.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;chappatoires, impasses et perspectives&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r la communaut&#233; queer a d&#233;velopp&#233; des strat&#233;gies de r&#233;sistances, des &#233;chappatoires et des alternatives. Elles sont plus ou moins positives et nos choix plus ou moins contraints. Bien plus souvent que les h&#233;t&#233;ro, nous d&#233;veloppons des &#171; familles choisies &#187;, des amiti&#233;s, des centres d'int&#233;r&#234;t et des sociabilit&#233;s hors des cadres professionnels. Heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si on essaye de collectivement mettre le probl&#232;me sous le tapis (il n'y qu'&#224; comparer le nombre de brochure sur le sexe et les relations au nombre de brochures queers sur le travail), l'emploi et le travail restent au centre de nos probl&#232;mes. Qui peut vivre au RSA (que le gouvernement essaye de conditionner &#224; une dur&#233;e de travail gratuit) et de petits larcins, et pendant combien de temps ? Qui parvient &#224; s&#233;parer sa vie en deux, la semaine dissoci&#233;&#183;e au boulot, le week-end &#224; faire la f&#234;te tr&#232;s fort pour oublier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai constat&#233; trois effets d'un manque de lutte collective sur le front du travail et de l'emploi. D'abord beaucoup de somatisations li&#233;es au travail : des d&#233;pressions, de l'anxi&#233;t&#233;, des consommations de drogues et d'alcool &#171; pour tenir &#187; ou &#171; oublier &#187;, des drames relationnels qui prennent des proportions d'autant plus grandes que nos conditions de vie sont pr&#233;caires ou que nos relations sont notre seule source de joie au quotidien. Ensuite, une sorte de pr&#233;f&#233;rence pour la pr&#233;carit&#233;. Beaucoup de queers m'ont dit pr&#233;f&#233;rer des emplois courts, irr&#233;guliers, dont iels se foutent comme &#231;a &#171; iels peuvent le quitter au premier probl&#232;me &#187;. J'ai m&#234;me rencontr&#233; une personne trans qui pr&#233;f&#233;rai bosser pour la fac gratuitement (apr&#232;s de longues ann&#233;es de harc&#232;lement par ses coll&#232;gues et son encadrant) plut&#244;t que d'essayer d'avoir un contrat, dans l'id&#233;e de pouvoir fuir s'il voulait. Il est pauvre et gal&#232;re &#224; payer son loyer. Une autre impasse selon moi c'est la valorisation du repli dans l'&#233;conomie informelle (TDS, vente de drogue, petites chourres, arnaques). Les in&#233;galit&#233;s sociales jouent &#224; plein en son sein : pas d'arr&#234;ts maladie, pas de cotisation &#224; la retraite. Sans juger les m&#233;thodes de survie de chacun&#183;e, ce sont celleux qui &#233;taient les plus favoris&#233;&#183;es &#224; la base qui s'en sortiront le mieux. Et on a tendance &#224; beaucoup parler du travail du sexe dans les milieux queers, mais je pense comme d'autres que c'est souvent mystifiant et que &#231;a manque de r&#233;alisme sur les conditions de travail qu'il faut pour s'en sortir convenablement (car &#171; le travail du sexe ne sera pas &#233;mancipateur tant qu'il ne sera pas syndiqu&#233; &#187;, comme le montre un article &#224; para&#238;tre ici).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi on a ABSOLUMENT besoin du salaire &#224; vie. D'abord, parce que la domination patronale sera toujours &#224; notre d&#233;savantage. Parce que beaucoup d'entre nous (comme pas mal de cis-h&#233;t&#233;ro d'ailleurs) ont des enjeux psy et de sant&#233; &#8211; notamment suite aux violences qu'iels ont v&#233;cu &#8211; qui ne nous permettent pas du tout de tenir le rythme de production capitaliste, m&#234;me les 35 heures. Parce qu'en tant que f&#233;ministes, &#233;colos, d&#233;coloniaux, anti-racistes et ce que vous voulez, nous avons besoin de d&#233;cider ce que nous produisons et comment. Manger v&#233;gan c'est chouette, g&#233;rer collectivement la production alimentaire et notamment les conditions d'&#233;levage c'est mieux. Enfin, parce que le salaire &#224; vie est un moyen de nous &#233;manciper de nos familles biologiques. Imagine tout ce que &#231;a aurait chang&#233; pour toi dans ton parcours de genre et de sexualit&#233; si tu avais re&#231;u un salaire, ne serait-ce qu'&#224; partir de tes 18 ans ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Mettre le salaire &#224; vie &#224; port&#233;e de manucure : quelques minuscules pistes&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je pense que les queers ont une position et des comp&#233;tences tr&#232;s utiles pour mener une lutte pour le salaire &#224; vie. On est tr&#232;s familiers de l'auto-gestion, on a l'habitude des d&#233;bats et conflits, on exp&#233;rimente pleins de moyens d'instaurer plus de justice sociale entre nous (des recrutements prioritaires de personnes pr&#233;caires dans nos collectifs de travail aux mutuelles autog&#233;r&#233;es).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'asso qui porte le plus la revendication du salaire &#224; vie en France c'est R&#233;seau Salariat, longtemps personnifi&#233;e par Bernard Friot (le type m&#233;lang&#233; au flamand rose ci dessus). On fait souvent des blagues avec quelques gouines qui connaissent cette asso sur &#224; quel point c'est un rep&#232;re de vieux mecs blancs qui ma&#238;trisent beaucoup de vocabulaire &#233;conomique et font des conf&#233;rences gesticul&#233;es un poil proph&#233;tiques. &#199;a nous donne pas tr&#232;s envie. Mais il y a un bouquin &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.editionssyndicalistes.fr/produit/regime-general/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;R&#233;gime g&#233;n&#233;ral&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#8211; court, compr&#233;hensible et pas cher qui prend pour exemple la s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation qui reprend les bases du salaire &#224; vie. C'est une bonne porte d'entr&#233;e pour celleux qui veulent lire un truc !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire &#224; part bouquiner sur le sujet ? Comment s'emparer de cette revendication ? Difficile &#224; dire, seulx derri&#232;re un ordi. Je pense qu'on pourrait commencer par en discuter entre nous, sans se laisser immobiliser ou impressionner par la figure tut&#233;laire du patriarche communiste Bernard Friot (bien qu'il soit sympa), se familiariser ensemble avec les th&#233;ories et outils f&#233;ministes pour penser le salaire &#224; vie. Faire de la propagande irr&#233;v&#233;rente et joyeuse comme on sait faire, des podcasts, des fanzines, des chansons, des strip-teases &#224; th&#232;me. En parler dans nos syndicats ? Et puis garder cet objectif en t&#234;te quand on est dans les mobilisations (quelles soient LGBT ou pas) pour imaginer un monde sans patrons plut&#244;t que des am&#233;liorations arc-en-ciel marginales sur nos lieux de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, c'est collectivement qu'on devra y r&#233;fl&#233;chir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al, syndicaliste CGT, militanx f&#233;ministe et membre de Queers Parlons Travail&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La meilleure d&#233;fense des strip-teaseuses, c'est l'entraide</title>
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		<dc:date>2023-10-24T05:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Al Caudron</dc:creator>


		<dc:subject>Antipatriarcat</dc:subject>
		<dc:subject>IWW</dc:subject>
		<dc:subject>Travail du sexe</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous traduisons ici un texte de Caroline Leigh, d'abord paru sur le blog Organizing.work. Travailleuse du sexe et militante syndicale des Industrial Workers of the World (IWW), elle d&#233;crit son exp&#233;rience dans l'industrie du strip-tease et l'urgence de s'y organiser collectivement. C'est autant une invitation adress&#233;e aux syndicalistes qui perp&#233;tuent la stigmatisation et l'isolement de ces travailleuses &#224; entrer en solidarit&#233; avec elles, qu'une incitation en direction de ses coll&#232;gues &#224; faire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/-organisation-s-" rel="directory"&gt;Organisation(s)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-antipatriarcat-+" rel="tag"&gt;Antipatriarcat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-iww-+" rel="tag"&gt;IWW&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://static.syndicalistes.org/+-travail-du-sexe-+" rel="tag"&gt;Travail du sexe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://static.syndicalistes.org/local/cache-vignettes/L150xH129/lets-organize-6432a.png?1698130871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous traduisons ici un texte de Caroline Leigh, d'abord paru sur le blog &lt;a href=&#034;https://organizing.work/2022/08/strippers-greatest-protection-is-each-other/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Organizing.work&lt;/a&gt;. Travailleuse du sexe et militante syndicale des Industrial Workers of the World (IWW), elle d&#233;crit son exp&#233;rience dans l'industrie du strip-tease et l'urgence de s'y organiser collectivement. C'est autant une invitation adress&#233;e aux syndicalistes qui perp&#233;tuent la stigmatisation et l'isolement de ces travailleuses &#224; entrer en solidarit&#233; avec elles, qu'une incitation en direction de ses coll&#232;gues &#224; faire front ensemble pour lutter contre des conditions de travail d&#233;shumanisantes et d&#233;l&#233;t&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'industrie am&#233;ricaine des clubs de strip-tease d&#233;tient environ 7,4 milliards de dollars en banque, et sans doutes davantage en esp&#232;ces. Alors que les strip-teaseuses sont un recours rapide contre la solitude, leurs patrons font tout ce qu'ils peuvent pour qu'elles-m&#234;mes soient tr&#232;s isol&#233;es. Lors de mon premier entretien d'embauche dans un club, nous &#233;tions mont&#233;es les unes contre les autres avant m&#234;me d'&#234;tre engag&#233;es. J'ai particip&#233; au cycle hebdomadaire de recrutement contre dix autres strip-teaseuses novices. La meilleure d'entre nous gagnait le gros lot : 500 dollars et un contrat en large partie ill&#233;gal. Ce jour-l&#224; une danseuse &#233;tait trop ivre pour pouvoir participer. Elle a &#233;t&#233; mise &#224; la porte sans plus de c&#233;r&#233;monie : elle n'avait plus qu'&#224; rentrer chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire du syndicalisme au sein de l'industrie du strip-tease est quasi-inexistante. Le syndicat du Lusty Lady, cr&#233;&#233; en 1996 &#224; San Franscisco au sein du Service Employees International Union&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Union Internationale des Employ&#233;s des Services, syndicat nord-am&#233;ricain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; fait figure d'exception. Les travailleuses d'un peep-show [spectacles &#233;rotiques ou pornographiques effectu&#233;s en cabines o&#249; les danseuses sont s&#233;par&#233;es du public par une vitre] se sont alors mobilis&#233;es contre les emplois du temps racistes qui limitaient le nombre de danseuses noires pouvant danser en m&#234;me temps, ainsi que contre l'installation de miroirs sans tain qui permettaient aux clients de les filmer sans leur consentement. Leur gr&#232;ve a pay&#233; : elles ont d'abord obtenu un accord d'entreprise, avant de reprendre le strip-club en coop&#233;rative en 2003. Elles ont ferm&#233; leurs portes en 2013, faute de pouvoir payer leur loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de syndicalisation est en partie due au fait que les strip-teaseuses sont presque toujours consid&#233;r&#233;es comme des entrepreneuses ou travailleuses ind&#233;pendantes, les excluant de l'organisation syndicale traditionnelle [centr&#233;e sur les salari&#233;&#183;es]. La stigmatisation du travail du sexe, qui n'est souvent pas consid&#233;r&#233; comme un &#8220;vrai&#8221; travail, m&#234;me s'il rapporte du &#8220;vrai&#8221; argent, incite les syndicats &#224; ne pas entacher leur r&#233;putation en organisant ce secteur. Les travailleuses elles-m&#234;mes sont pouss&#233;es &#224; d&#233;valoriser leur travail. La cons&#233;quence, c'est que l'industrie du strip-tease peut exploiter et capitaliser sur la d&#233;sirabilit&#233; et la sexualit&#233; des strip-teaseuses tout en les gardant vuln&#233;rables au viol, &#224; la violence, aux blessures irr&#233;versibles, &#224; l'augmentation des loyers [pour avoir le droit de danser] et aux licenciements pour des motifs aussi vari&#233;s que la prise de poids, la grossesse ou le refus d'autoriser les clients &#224; vous filmer, le fait d'&#234;tre une femme de couleur (surtout quand on est noire), de demander son contrat, le port de mauvaises tenues, ne pas se d&#233;shabiller suffisamment, r&#233;pondre &#224; son patron, &#234;tre accus&#233;e de solliciter des relations sexuelles, ne pas s'&#234;tre fait de manucure, &#234;tre en retard malgr&#233; des horaires ill&#233;gaux, ou faire payer trop cher les clients. Ce ne sont l&#224; que quelques-uns des motifs de licenciement dont j'ai &#233;t&#233; t&#233;moin ou dont j'ai entendu parler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strip-teaseuses affichent souvent un air invincible &#8211; mais nous sommes oblig&#233;es d'avoir confiance en nous-m&#234;mes, car il n'y a pratiquement rien d'autre sur lequel vous pouvez compter dans les clubs de strip-tease.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'id&#233;ologie moderne de la sant&#233; mentale, l'injonction &#224; &#171; poser des limites saines &#187; est omnipr&#233;sente. Th&#233;oriquement, il s'agit de choix individuels permettant de se sentir en s&#233;curit&#233; dans ses relations. Cependant, dans un club de strip-tease comme ailleurs, vous pouvez poser toutes les limites que vous voulez, et &#234;tre viol&#233;e quand m&#234;me. Mais le pire, c'est que les patrons de strip-clubs et leur staff entretiennent pr&#233;cis&#233;ment un environnement propice aux agressions des danseuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s mon exp&#233;rience, fixer des limites lorsque l'on se sent seule n'aboutit qu'&#224; multiplier les cauchemars et se sentire plus petite encore. Lors de ma premi&#232;re semaine de travail dans un club, il y avait un repas sp&#233;cial o&#249; les clients &#233;taient cens&#233;s obtenir une &lt;i&gt;lap dance&lt;/i&gt; gratuite en plus de leur repas. Apr&#232;s avoir effectu&#233; une danse, un client m'a tendu un ticket &lt;i&gt;admit one&lt;/i&gt; [coupon signifiant qu'il avait achet&#233; un repas] au lieu d'argent et m'a souri. Je l'ai regard&#233; avec incr&#233;dulit&#233;. Je suis imm&#233;diatement all&#233;e voir le responsable de l'&#233;quipe de jour et j'ai demand&#233; une copie de mon contrat. &#192; la fin de mon service, le propri&#233;taire du club me l'a remis, mais m'a &#233;galement dit de ne plus jamais revenir. Il m'a expliqu&#233; que le club &#233;tait &#171; trop plein &#187; de filles &#224; ce moment-l&#224;, un dimanche, alors que seulement trois autres danseuses travaillaient. Lorsqu'il m'avait engag&#233;e la semaine pr&#233;c&#233;dente, ils &#233;taient &#171; d&#233;sesp&#233;r&#233;ment &#187; &#224; la recherche de nouvelles filles&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes camarades de l'IWW [Industrial Workers of the World] m'ont encourag&#233;e &#224; riposter. Nous avons organis&#233; des appels t&#233;l&#233;phoniques de masse et des syndiqu&#233;s de tout le pays ont harcel&#233; le patron au t&#233;l&#233;phone. Encourag&#233;e par mes camarades, je suis retourn&#233;e au travail pour l'affronter, car mon contrat stipulait qu'ils devaient me donner un pr&#233;avis de 30 jours avant de me licencier. Les responsables de jour ont essay&#233; de me faire partir en me disant que je perdais mon temps, tandis que le propri&#233;taire du club mena&#231;ait d'appeler la police si je ne quittais pas les lieux. J'ai sorti mes crayons de couleur et j'ai attendu patiemment pendant quatre heures jusqu'&#224; ce qu'il vienne au club pour me parler en personne. Lorsqu'il est enfin entr&#233;, j'ai pos&#233; des limites tr&#232;s claires et je lui ai dit qu'il avait tort et qu'il avait enfreint neuf clauses diff&#233;rentes de mon contrat de travail. Il m'a saisi par le bras et m'a emmen&#233;e dans une arri&#232;re-salle du club, sans cam&#233;ra, m'a cri&#233; dessus et a continu&#233; &#224; me menacer d'appeler la police et de me poursuivre en justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je ne raconte pas d'habitude, c'est que ce patron est ensuite venu hanter mes cauchemars pendant des mois. Dans le club o&#249; j'ai travaill&#233; ensuite, lorsque j'ai vu entrer l'avocat du club qui m'avait licenci&#233;, je me suis fig&#233;e. Je suis rentr&#233;e chez moi imm&#233;diatement, sans demander mon reste, de peur d'&#234;tre mise sur la liste noire de tous les clubs de Baltimore et de ne pas pouvoir payer mon loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce licenciement ill&#233;gal d&#232;s ma premi&#232;re semaine de travail m'a habitu&#233;e &#224; me taire quand le club s'en prenait &#224; nos conditions de travail. J'ai pris l'habitude de payer pour pouvoir travailler (litt&#233;ralement &#8211; presque tous les clubs de strip-tease facturent une &lt;i&gt;house fee&lt;/i&gt;, une somme standard que nous payons au club au d&#233;but de notre service, allant de 20 &#224; 120 dollars, en plus d'un &#8220;pourboire&#8221; pr&#233;vu pour le personnel et la s&#233;curit&#233;). J'ai compris que lorsque les clients devenaient violents, c'est nous qui &#233;tions bl&#226;m&#233;es le plus souvent, et j'ai en effet vu mes coll&#232;gues et la direction r&#233;primander les filles qui s'&#233;taient fait casser des c&#244;tes ou qui avaient &#233;t&#233; viol&#233;es dans les salles priv&#233;es. Lorsque les codes vestimentaires sont devenus plus arbitraires et plus stricts, je me suis adapt&#233;e. Et lorsque le club a augment&#233; sa part &#224; plus de 60 % du prix des danses, comme me l'a dit mon nouveau patron, &#171; vous pouvez toujours partir : il y a tous les jours des filles qui atteignent l'&#226;ge de 18 ans. &#187; &#199;a m'a fait r&#233;aliser &#224; quel point cette industrie voulait faire de nous des travailleuses &#171; jetables &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'ai aussi beaucoup appris de mes coll&#232;gues, qui m'ont aid&#233;e &#224; fixer des limites claires avec les clients, &#224; appr&#233;cier ma propre valeur et &#224; me rendre compte que j'&#233;tais puissante. Les strip-teaseuses m'ont appris &#224; r&#233;clamer ce que je voulais sans m'en excuser, dans une soci&#233;t&#233; o&#249; je n'ai jamais &#233;t&#233; encourag&#233;e &#224; m'affirmer. Elles m'ont appris &#224; g&#233;rer mon argent, &#224; mettre des faux cils et &#224; savourer du bon champagne. Les cabines d'essayage servaient de refuge o&#249; l'on cultivait la solidarit&#233;. Lorsque des clients ou la directions testaient nos limites ou les d&#233;passaient, les strip-teaseuses des loges &#233;taient toujours pr&#234;tes &#224; nous r&#233;conforter ou &#224; nous complimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 5 ans de travail dans le secteur, ma coll&#232;gue X a &#233;t&#233; agress&#233;e sexuellement par notre DJ dans l'arri&#232;re-salle sans cam&#233;ra de notre loge o&#249; se trouvait le champagne. X ne s'est pas tue. X en a parl&#233; &#224; toutes ses amies et coll&#232;gues. X a fait du bruit et a organis&#233; un groupe de 15 d'entre nous pour confronter notre patron, pour qu'il nous explique pourquoi le DJ ne faisait pas l'objet d'une enqu&#234;te et n'&#233;tait pas licenci&#233;. Au cours de la confrontation, d'autres danseuses sont venues lui dire en face qu'elles aussi avaient subi un viol de sa part. Nous avons toujours racont&#233; comment il s'y prenait pour que certaines d'entre nous ne se sentent pas en s&#233;curit&#233;. Mon patron s'est lav&#233; de toute responsabilit&#233;, a &#233;vit&#233; toute r&#233;f&#233;rence au droit du travail et a menac&#233; de poursuivre en justice mon amie qui s'&#233;tait plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; notre action, le DJ a finalement &#233;t&#233; licenci&#233;&#8230; puis r&#233;embauch&#233; un an plus tard, avant d'&#234;tre &#224; nouveau licenci&#233;. La victoire n'a &#233;t&#233; ni nette ni d&#233;finitive, et n'a pas n&#233;cessairement gu&#233;ri tous les survivantes. Cette mobilisation &#224; rendue certaines travailleuses plus fortes, d'autres plus en col&#232;re, d'autres encore ont bl&#226;m&#233; d'autres survivantes, et d'autres enfin ont &#233;t&#233; profond&#233;ment et durablement perturb&#233;es par cette exp&#233;rience. Cependant, l'exp&#233;rience de la confrontation collective avec notre patron m'a donn&#233; de l'espoir, alors que jusque-l&#224; j'avais plut&#244;t acquis l'impression qu'il fallait que j'endurcisse mon d&#233;sespoir face au risque quotidien d'agression sexuelle, de misogynie et d'extorsion par le club. En nous r&#233;unissant, nous &#233;tions une force avec laquelle il fallait compter, et non plus une force de travail dont on pouvait se servir &#224; sa guise puis se d&#233;barrasser.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;* &lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Adrienne Maree Brown [militante am&#233;ricaine noire, f&#233;ministe et anti-raciste] parle beaucoup de l'usage de la somatique r&#233;paratrice [&lt;i&gt;generative somatics&lt;/i&gt;]. La somatique consiste &#224; prendre en compte nos &#233;motions, nos sensations et les r&#233;actions de nos corps afin d'orienter nos actions vers un objectif plus large de changement social. C'est un outil pr&#233;cieux dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique, o&#249; la culpabilit&#233; et la honte accablantes, l'engourdissement, les difficult&#233;s relationnelles, le fait d'&#234;tre toujours sur ses gardes, etc., font parti du processus. Le syndicalisme est difficilement dissociable des enjeux de sant&#233; mentale et des traumatismes, car nous sommes confront&#233;&#183;es &#224; des personnes qui souffrent de situations profond&#233;ment toxiques et de relations de domination avec leurs patrons. J'ai &#233;t&#233; form&#233;e au sein de l'IWW sur la mani&#232;re de faire des entretiens individuels, de relier les enjeux des unes avec ceux des autres. C'est gr&#226;ce &#224; ces conversations fondamentales que l'on peut d&#233;terminer ce que les travailleuses du sexe ont en commun entre elles et avec l'ensemble des travailleur&#183;euses. Comme se le &lt;a href=&#034;http://adriennemareebrown.net/2015/07/27/what-are-you-a-fight-for/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;demande&lt;/a&gt; Adrienne Maree Brown, &#171; comment pouvons-nous nous battre les unes pour les autres ? &#187;. Que pourrait signifier l'&#233;mancipation de notre sexualit&#233;, si nous nous battions collectivement plut&#244;t qu'en propri&#233;taires individuelles de nos corps ? Comment lutter de mani&#232;re offensive au sein de cette industrie du strip-tease, au lieu d'&#234;tre simplement sur la d&#233;fensive face &#224; tout ce qu'on nous fait subir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La condamnation du travail du sexe, consid&#233;r&#233; comme une forme d'objectivation et de violence patriarcale, sont r&#233;alistes si nous ne sommes pas trait&#233;es comme des &#234;tres humains &#224; part enti&#232;re dans notre travail. Le travail du sexe peut &#234;tre sacralis&#233;, r&#233;pugnant, valorisant, traumatisant, altruiste, ou encore beaucoup d'autres choses. Mais ce sont les conditions dans lesquelles nous le pratiquons qui d&#233;terminent si nous pouvons nous y &#233;manciper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde le r&#233;p&#232;te : le travail du sexe est un secteur difficile &#224; organiser. Les syndicalistes doivent reconna&#238;tre la valeur du travail du sexe pour prendre la mesure des risques qu'il y a &#224; ne pas organiser cette industrie. Je ne devrais m&#234;me pas avoir &#224; dire que les agressions sexuelles ne devraient pas &#234;tre un risque professionnel. Pas plus tard que la semaine derni&#232;re, le premier client &#224; qui ma coll&#232;gue a parl&#233; a mis de la drogue dans son verre &#224; 21 heures, et elle a pass&#233; la moiti&#233; de la nuit &#224; vomir. La direction lui a dit qu'elle n'avait pas le temps de visionner les images de la cam&#233;ra de surveillance pour identifier le client et lui interdire l'entr&#233;e du club. Certains affirment que le consentement n'existe pas dans un &#233;change sexuel r&#233;mun&#233;r&#233;, que le secteur lui-m&#234;me est une aberration morale, ou encore que cette &#233;conomie soutient le patriarcat en nous consid&#233;rant comme des objets. C'est un d&#233;bat qui me pr&#233;occupe beaucoup moins que de savoir comment emp&#234;cher que mes coll&#232;gues se fassent violer au boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; j'&#233;cris ces lignes, des strip-teaseuses tiennent un piquet de gr&#232;ve &lt;a href=&#034;https://www.peoplesworld.org/article/strippers-on-strike-in-north-hollywood-after-mounting-safety-threats/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tous les soirs&lt;/a&gt; &#224; North Hollywood pour protester contre une nouvelle politique qui oblige les agents de s&#233;curit&#233; &#224; demander d'abord &#224; la direction (qui est souvent absente des lieux) avant d'intervenir lorsque des clients agressent des danseuses. Les managers des danseuses les qualifient de &#171; serviettes en papier &#187; &#8211; &#224; jeter apr&#232;s usage. Cette attitude est extr&#234;mement dangereuse et montre encore une fois que la protection des danseuses n'a jamais fait partie des pr&#233;occupations du patronat du strip-tease. Par l'adoption de la loi AB-5 en 2020, qui intime aux entreprises du capitalisme de plateforme de consid&#233;rer leurs travailleurs ind&#233;pendants comme des salari&#233;s et de leur accorder des avantages sociaux en cons&#233;quence comme une assurance ch&#244;mage et maladie, la Californie a &#233;largi la possibilit&#233; de se syndiquer aux strip-teaseuses. Les danseuses de Star Gardens tentent d'en tirer parti. Mais comme indiqu&#233; plus haut, il s'agit plus d'une exception que d'une r&#232;gle. On pourrait se dire que le mod&#232;le de &#171; l'action directe &#187; port&#233;e par l'IWW est beaucoup plus accessible aux strip-teaseuses. Je pense &#233;galement qu'il est important de d&#233;velopper parmis les strip-teaseuses le sentiment visc&#233;ral de notre puissance collective en tant que travailleuses organis&#233;es, plut&#244;t que de nous en remettre enti&#232;rement &#224; un groupe de professionnels pour n&#233;gocier des accords d'entreprises souvent m&#233;diocres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre soir, les strip-teaseuses de North Hollywood ont plac&#233; un toboggan sur leur piquet de gr&#232;ve pour une soir&#233;e sur le th&#232;me de la natation. Selon moi, &#231;a amorce une sacr&#233;e pratique de lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le travail du sexe, on se sent souvent seule &#8211; face aux clients, &#224; la direction, et en concurrence avec ses coll&#232;gues. C'est traumatisant. Isol&#233;es, nous seront toujours les plus faibles. Faire communaut&#233; est une bonne fa&#231;on de se sentir plus libres &#8211; m&#234;me si cela ne change pas tout. Je sais que je me sens plus forte lorsque je me sens soutenue par mes coll&#232;gues, sachant qu'elles prendront des risques &#224; mes c&#244;t&#233;s, que nous nous soucions de notre s&#233;curit&#233; plus que du prochain dollar, et que nous savourerons ensemble un peu plus de libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Caroline Leigh est travailleuse du sexe et th&#233;rapeute. Elle vit avec son pitbull &#224; Baltimore.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Union Internationale des Employ&#233;s des Services, syndicat nord-am&#233;ricain repr&#233;sentant 2,2 millions de travailleur&#183;es exer&#231;ant plus de 100 professions diff&#233;rentes aux &#201;tats-Unis, &#224; Porto Rico et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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