L’essor des syndicats éthiopiens

Publié le par Gio pour Samuel Andreas Admasie

L’offensive du capitalisme réactionnaire qui déferle actuellement dans de nombreux pays et met les organisations syndicales à la peine ne doit pas conduire à en tirer de grandes généralités sur le déclin du mouvement ouvrier. C’est ce que montre cette traduction d’un article sur le renouveau syndical en Éthiopie, publié récemment dans Jacobin par Samuel Andreas Admasie, auteur du livre de référence sur le mouvement ouvrier dans ce pays.

Cet article méritait d’être lu en français pour deux raisons. D’abord parce qu’il permet de découvrir les dynamiques de long terme du syndicalisme en Éthiopie, entre lutte anti-impériale, asservissement au pouvoir central et reconquête de l’indépendance et de la combativité.

Ensuite parce qu’il propose une lecture réaliste des dynamiques de lutte des classes à l’échelle mondiale, à l’encontre des discours globalisant et eurocentriques sur le déclin général du mouvement ouvrier – ou d’ailleurs, à l’inverse, sur un sursaut du prolétariat. Il invite à examiner avec finesse la réalité des rapports de force, notamment dans les différents pays d’Afrique, et donne ainsi quelques clés de lecture pour un internationaliste réel et conséquent.

Sur la dernière décennie, les syndicats éthiopiens ont connu une croissance impressionnante, multipliant par plus de deux leur nombre d’adhérent·es. L’Éthiopie et d’autres États africains aux mouvements syndicaux en expansion battent en brèche l’idée que le mouvement ouvrier connaît un déclin à l’échelle mondiale. Lors de son Assemblée Générale en décembre 2025, la Confédération des Syndicats Éthiopiens (CETU) a annoncé avoir dépassé, pour la première fois, le million d’adhérent⋅es, organisé·es au sein de 2 653 syndicats d’entreprises. Cela révèle une croissance remarquable pour un mouvement syndical dont les effectifs avaient stagné autour de 300 000 membres du milieu des années 1980 au début des années 2010.

Sur la seule année passée, le mouvement syndical a gagné 97 081 membres supplémentaires et a vu naître 274 nouveaux syndicats. Dans le même temps, la CETU a installé cinq nouveaux bureaux de branches dans différentes régions, portant leur nombre total à 12, avec le projet de monter à 17 dans l’année.

L’explosion massive des syndicats en Éthiopie s’adosse à une agitation récurrente dans le monde du travail, venant de la base. En 2025, plusieurs grèves d’importance ont eu lieu, notamment parmi les travailleuses et travailleurs de DHL et les salarié·es intérimaires travaillant pour Safaricom. Les travailleuses et travailleurs de la santé publique, considéré·es comme des fonctionnaires et, à ce titre, privé·es du droit de se syndiquer, ont également mené une grève sans précédent à l’échelle de tout le pays, qui, quoique techniquement une grève sauvage, a été coordonnée par l’Association des Professionnels de la Santé en Éthiopie.

La dernière phase

La séquence en cours de mobilisation des travailleuses et travailleurs en Éthiopie n’est que la dernière phase d’un processus qui remonte au mitan des années 2010. Elle se construit sur des cycles précédents de mobilisation quoiqu’elle atteigne désormais une autre échelle sur le plan quantitatif.

Elle remet en cause deux idées largement partagées, qui opèrent chacune à des niveaux différents.

Premièrement, elle vient questionner l’idée que les solidarités ethniques constituent le seul axe de mobilisation substantiel dans le contexte de l’Éthiopie contemporaine. De ce fait, elle ouvre un espace nous permettant de constater la réémergence de solidarités de classe interethniques comme une base pour reconstituer un tissu social éthiopien en lambeaux.

Deuxièmement, elle vient bousculer la projection simpliste, presque banale, et pourtant prédominante, d’un déclin global du mouvement ouvrier, dessinée à partir d’une sélection partielle de cas. L’argument d’un déclin généralisé existe principalement en référence à l’Europe et aux sociétés coloniales. La Chine, par exemple, qui compte approximativement 400 millions de travailleuses et travailleurs syndiqué·es, doit être écartée du schéma pour que cette projection d’un déclin global puisse prendre sens sur un plan arithmétique.

De l’Empire à la Révolution

Pour bien comprendre la phase contemporaine du mouvement ouvrier en Éthiopie, il faut la replacer dans le contexte de long terme du mouvement et de ses phases passées.

Quand le mouvement ouvrier a émergé comme une force à l’échelle du pays à la fin des années 1950 et au début des années 1960, il l’a fait sous le joug d’une monarchie absolue qui régnait sur un État-empire centralisé, composé de diverses nations et nationalités, avec une économie dominée par les intérêts des propriétaires terriens.

Les segments du salariat qui avaient la possibilité (légale) de s’organiser et de se syndiquer était peu nombreux et numériquement faibles, confinés aux centres urbains et aux entreprises étrangères. De larges sections de la force de travail, y compris les travailleuses et travailleurs agricoles, les fonctionnaires, et les employé·es des petits services, n’avaient pas le droit de le faire. En tout état de cause, la petitesse du mouvement ne l’a pas empêché de développer un caractère militant marqué et engagé et l’activité gréviste était largement répandue et admise.

En 1963 était formée la première confédération éthiopienne du travail. Elle a rapidement cristallisé un rapport de forces entre forces concurrentes : répression étatique (qui a poussé la direction de la confédération, très populaire, à jeter l’éponge un an seulement après sa création), intervention étrangère (particulièrement depuis le Centre du Travail Africain-Américain de l’AFL-CIO [1] et la Confédération Internationale des Syndicats Libres), bureaucratisation de son sommet et pression militante de la base.

Dans cette constellation agitée, un courant au radicalisme grandissant a émergé et a gagné en force au cours des années 1960 et au début des années 1970. En 1973, l’opposition radicale, largement composée de militant·es plus jeunes et de travailleurs et travailleuses d’Addis Abeba et d’Érythrée, était dans une phase ascendante, au point de pouvoir sérieusement contester la direction modérée du syndicat.

Cette année-là, cette tendance a culminé avec une grève générale qui a rencontré un fort succès contre l’État impérial, ce qui a largement renforcé le prestige du mouvement et a suscité une vague d’adhésions. Alors que le syndicat totalisait 73 000 membres en 1973, il a alors quasiment triplé pour atteindre 200 000 membres l’année suivante. Pendant ce temps, un mouvement populaire accumulait des forces, qui finiront par déboucher sur la Révolution Éthiopienne de 1974.

En septembre, l’empereur était démis et la junte militaire connue sous le nom du Derg arrivait au pouvoir. Celle-ci est immédiatement rentrée en conflit avec un mouvement ouvrier radicalisé et confiant, conscient de sa puissance, qui a adopté une position bien plus à gauche que celle du Derg, revendiquant que celui-ci rende le pouvoir politique aux représentant·es du peuple et le contrôle des lieux de production aux travailleuses et aux travailleurs elles et eux-mêmes.

Après des confrontations croissantes avec le régime, dont les grèves générales de septembre 1974 et septembre 1975, la confédération fut interdite. S’en sont suivies plusieurs années de résistance militante (armée) et de grèves, organisées au niveau des syndicats de base par des réseaux clandestins. Le mouvement ouvrier radical finit par être écrasé par une répression intense et violente.

En 1977, le Derg mit en place une organisation syndicale entièrement contrôlée par l’État. Au lieu de représenter le monde du travail, cette organisation fut chargée de le contrôler, tâche qu’elle a effectuée avec zèle jusqu’à la fin des années 1980.

Après le Derg

À la fin des années 1980, une agitation a recommencé à émerger parmi les travailleuses et les travailleurs dont les salaires réels avaient plongé depuis la révolution de 1974, décrochant de plus de la moitié de leur valeur (en monnaie constante).

Cet effondrement n’était pas un accident. Alors que la révolution avait profondément transformé l’économie politique de l’Éthiopie en nationalisant toutes les terres et en abolissant la propriété agraire privée, cela a eu pour effet de reporter sur les salarié·es la pression visant à extraire la plus-value, créant ainsi des conditions sociales propices à un regain du militantisme syndical.

Quoiqu’il en soit, ce n’est pas avant la chute du Derg et l’arrivée au pouvoir du Front Démocratique Révolutionnaire du Peuple Ethiopien (EPRDF) en 1991 que le mouvement ouvrier a commencé à se remettre sérieusement au travail. Cette renaissance a été provoquée par de nouvelles purges au sein des syndicats et la répression contre les travailleurs·euses par les nouvelles autorités, ainsi que les fermetures d’usine et les coupes massives dans la masse salariale.

Contrairement au Derg, l’ EPRDF n’avait pas la prétention de représenter le monde du travail. Il se voyait plutôt comme le représentant des nationalités opprimées, incarnées dans une projection idéalisée de la paysannerie.

L’hostilité du régime à l’encontre du mouvement ouvrier a été renforcée par son refus de suivre la voie que l’EPRDF et l’État fédéral entendaient construire, avec une organisation découpée selon les frontières nationales et régionales plutôt que par secteurs d’industrie à l’échelle du pays tout entier.

Les travailleurs et travailleuses, les militant⋅es ouvrier⋅es, pendant ce temps, se sont organisés à travers des réseaux spontanés et ont cherché à construire des digues contre les atteintes aux droits syndicaux et aux droits des travailleuses et des travailleurs dans ce nouvel environnement politique dirigé par l’EPRDF.

Ces efforts ont trouvé leur achèvement en 1993 dans la formation d’un regroupement nouveau, à l’échelle du pays, pour le monde du travail : la CETU.

Déclin et renaissance

Les attaques de l’EPRDF sur un monde du travail déjà précaire dans sa position sociale n’avaient en soi rien de surprenant, mais deux phénomènes les ont accélérées.

En premier lieu, le programme de dérégulation, de libéralisation et de privatisation du gouvernement fut accéléré par l’accord conclu avec le Fonds Monétaire International (FMI) pour des prêts conditionnés à des mesures d’ajustement structurel, qui ont augmenté la pression sur les travailleuses et les travailleurs. En septembre 1994, la CETU a émis des doutes et des craintes sur la mise en œuvre du programme soutenu par le FMI et ses objectifs d’ajustement structurel.

L’EPRDF les a interprétés comme une forme d’opposition ouverte et s’est alors employé à déboulonner la direction de la CETU et à en installer une plus loyale. La CETU reconstituée qui émergea en 1997 était un syndicat jaune, entièrement contrôlée par l’État, qui ne dénonçait pas les violations les plus flagrantes des droits des travailleuses et des travailleurs ou de leurs organisations syndicales.

Durant la décennie qui s’en est suivie, elle a été largement perçue comme inutile, autant par les travailleurs et travailleuses que par les observatrices et observateurs extérieurs, et ridiculisée dans la presse pour ne même pas parvenir à feindre l’indépendance et à montrer un intérêt ne serait-ce que minimal dans la défense des droits des travailleuses et des travailleurs.

Au tournant des années 2010, alors que le contrôle d’État s’érodait et que le militantisme de base connaissait un regain, un mouvement plus dynamique commença à émerger.

Ce renouveau vit le jour dans le sillon des efforts gouvernementaux d’étendre les industries manufacturières orientées vers l’export, ce qui comprenait notamment la création de parcs industriels, et avec eux de nouvelles poches de concentration d’une main d’œuvre salariée et de nouveaux sites potentiels de contestation. Les grèves se sont multipliées alors que les responsables syndicaux ont mis en avant des revendications plus affirmées.

En parallèle, les efforts d’organisation ont porté leurs fruits, et ont entrainé une augmentation significative des adhésions au syndicat. En 2017, l’agitation s’est transformée en une véritable vague de grèves et la CETU a alors fait la démonstration de son indépendance retrouvée en menaçant d’appeler à la grève générale si le gouvernement ne retirait pas son projet de loi Travail pour ouvrir des négociations sur le sujet avant de le soumettre au Parlement.

Acculé par cette démonstration déterminée, le gouvernement a fini par reculer et retirer son projet de loi, renégocié ensuite et voté dans des termes nettement plus favorables au monde du travail. Ce qui, en retour, a entrainé une nouvelle augmentation des adhésions au syndicat et a renforcé son pouvoir d’agitation sur les lieux de travail.

La conjoncture actuelle

En 2020, la pandémie et l’explosion de la guerre civile en Éthiopie ont interrompu la dynamique de mobilisation dans le monde du travail. L’action dans les industries a ralenti, l’expansion de l’amplitude de l’organisation a été stoppée et le climat est devenu sensiblement plus hostile. Pour autant, tout suggère que ce reflux n’est que temporaire.

En 2022, la CETU, aidée aussi par des grèves sauvages, est parvenue à s’implanter syndicalement dans les zones industrielles, ce qui constituait un objectif stratégique de longue date. Depuis lors, les syndicats ont poussé de nouveaux segments de la main d’œuvre à se syndiquer, y compris les travailleuses et travailleurs à domicile et ont mis la pression pour accélérer la mise en application des dispositions concernant le salaire minimum. L’action collective dispersée se perpétue dans plusieurs secteurs et cette posture plus affirmée du monde du travail organisé a attiré de plus en plus de membres.

Ces avancées sont d’autant plus frappantes quand on les met en balance avec la structure de l’économie politique éthiopienne, qui repose de façon prédominante sur l’agriculture paysanne. Dans les zones urbaines, les travailleuses et les travailleurs du vaste secteur informel sont exclu·es de la syndicalisation. D’importantes restrictions à la liberté d’association persistent, y compris au sein de l’économie formelle. Les fonctionnaires, qui constituent une vaste catégorie en Éthiopie et qui incluent notamment les enseignant·es et les travailleuses et travailleurs de la santé, n’ont ainsi pas le droit de se syndiquer.

Au-delà des attentes

Ces caractéristiques structurelles restreignent le terrain sur lequel le monde du travail organisé peut agir. Ces problématiques sont renforcées par une polarisation ethnique accentuée et de plus en plus conflictuelle, qui n’a eu de cesse d’être instrumentalisée et attisée par la classe dominante prédatrice, ce qui n’a fait que rendre plus difficile les perspectives de mobilisation transnationales [NdT : ici au sens d’interethniques, si on préfère] de classe.

En raison de ces contraintes structurelles et politiques, renforcées par l’axiome largement répandu d’un déclin mondial du mouvement ouvrier, les attentes que les observatrices et observateurs ont placées dans le monde du travail en Éthiopie ont eu tendance à être plutôt modestes, pour ne pas dire carrément négatives. Nombreuses sont les analyses qui ont décrit le mouvement comme inéluctablement faible et inconséquent. Pourtant, ces analyses se sont révélées fausses.

La grève des personnels de la santé fournit un exemple manifeste de comment l’action collective de masse peut résonner au sein des masses laborieuses éthiopiennes. Parce que ce sont majoritairement des employé·es de l’État, leurs conditions de travail sont sensiblement les mêmes à travers tout le pays. À travers leur grève, ils ont attiré l’attention sur ces conditions lamentables, et rappelé que les travailleuses et travailleurs d’Éthiopie, quelle que soit leur nationalité, subissent les mêmes maux.

La prolifération des conflits armés et l’intensification de la prédation d’État à travers les expulsions forcées, la saisie de terres et une taxation punitive ont révélé que les éthiopien·nes vivent toutes et tous sous le joug de la même classe dominante prédatrice et du même régime. En même temps, la grève des personnels de la santé a souligné le fait que les travailleurs et travailleuses partagent les mêmes conditions sociales et matérielles et les mêmes intérêts.

Au-delà du narratif du déclin

Comme dit plus haut et comme le confirme l’exemple éthiopien, la théorie du déclin global du mouvement ouvrier repose sur des bases peu solides. Mais par-delà ses faiblesses empiriques, ce sont bien les effets politiques de cette idée qui importent. Cette perspective introduit un filtre déformant : en considérant que le déclin est la voie universelle et que les contextes où des avancées se font jour ne sont que des exceptions à cette règle, elle ne fait que brider le potentiel réel des mouvements ouvriers de notre temps et nourrir le défaitisme.

En outre, généraliser au reste du monde des affirmations qui proviennent principalement d’analyses centrées sur l’Europe et les empires coloniaux a deux effets. En premier lieu, ces affirmations imposent une vision eurocentrée sur le mouvement syndical mondial, tendant à faire du déclin propre à un contexte particulier une expérience universelle. Ensuite, elles ont tendance à aplanir des différences et des contrastes pourtant notables entre les différentes régions du globe et même au sein de ces régions, notamment entre certains pays africains limitrophes.

Rien qu’en Afrique, il y a plusieurs pays où les mouvements syndicaux contemporains sont dynamiques et ont récemment obtenu des victoires sur plusieurs plans, l’Éthiopie n’étant en ce sens qu’un pays parmi d’autres. Au Ghana par exemple, le taux de syndicalisation a progressé et les syndicats ont obtenu des augmentations de salaire importantes grâce à des actions nationales coordonnées tandis qu’au Nigéria, des grèves massives ont forcé le gouvernement et des gros employeurs privés comme Dangote à faire d’importantes concessions face aux revendications syndicales. Et ne sont là que quelques exemples.

Il y a aussi des pays, comme le Zimbabwe et la Tanzanie, où le mouvement syndical semble effectivement dans une période de faiblesse, avec une adhésion en recul. Dans beaucoup de pays africains, il y a en outre un besoin urgent de recherches concrètes sur les conditions contemporaines des mouvements syndicaux et l’importance d’une action militante dans le monde du travail, champ de recherche qui ne reçoit que trop peu d’attention.

Au-delà du narratif dominant d’un déclin global, il y a encore là dehors, pour reprendre les mots évocateurs de Mike Ely, « une belle planète bleue pleine de vie et de contradictions ». Plutôt que de forcer cette réalité pour l’aplanir et la faire rentrer dans un schème explicatif finalement très eurocentré, la vraie question que nous devrions nous poser est « pourquoi les mouvements syndicaux avancent à certains endroits et reculent ou stagnent dans d’autres, y compris dans des pays comparables et voisins ? ».

Cela devrait permettre de révéler ce qui est possible et où – sans parler de ce qui peut être fait pour consolider des victoires, renforcer et développer le mouvement là où les conditions le permettent, ou le reconstruire là où les conditions ne le permettent pas. L’exemple éthiopien démontre que les mouvements syndicaux ne suivent pas seulement des tendances universelles mondiales, à la hausse ou à la baisse. Leur fortune dépend de choix stratégiques faits dans des économies politiques, des configurations de classes et des conjonctures historiques spécifiques. La question n’est pas de savoir si le monde du travail est en déclin mondial mais plutôt de déterminer sous quelles conditions, comment et où il peut se mettre en branle et ainsi gagner en force et mettre en action sa puissance.

Samuel Andreas Admasie est un spécialiste régional de l’Afrique à l’Institut International d’Histoire Sociale et l’auteur de l’ouvrage The Ethiopian Labour Movement Trade Unions, Collective Action, and Contestation, 1960–2020 (Le Mouvement syndical éthiopien, action collective et contestation, 1960-2020, non traduit).


[1Principale centrale syndicale étasunienne.